Bolondo et al., 2026

 

Journal of Applied Biosciences 219: 24261 – 24272

ISSN 1997-5902

 

Effets des plantes-hôtes sur le cycle de vie de la chenille légionnaire d’automne (Spodoptera frugiperda JE Smith, 1797, Lepidoptera : Noctuidae) dans la perspective de la stratégie push-pull à Kisangani, Rd. Congo.

 

Guylain Bolondo1, 2*, Julie Maidika1, Juré Bononga2, Jean-Claude Monzenga1

1Laboratoire d’Entomologie Appliquée et Fonctionnelle, Institut Facultaire des Sciences Agronomiques de Yangambi, RDC

2Institut National pour l’Etude et la Recherche Agronomiques, Centre de Recherche de Yangambi, RDC

*Auteur correspondant : bolondoguylain@gmail.com

 

Submitted 09/03/2026, Published online on 30/04/2026 in the  https://www.m.elewa.org/journals/journal-of-applied-biosciences-about-jab/     https://doi.org/10.35759/JABs.219.4

 

RESUME

Objectif : La chenille légionnaire d’automne, Spodoptera frugiperda est un ravageur important. Ses ravages sur le maïs constituent une grande menace pour la sécurité alimentaire de nombreux pays. Pour une gestion durable de ce ravageur, une étude a été menée sur son cycle de vie, pour mieux le contrôler.

Méthodologie et résultats: Deux plantes-hôtes : le maïs (Zea mays L.), sa plante-hôte de prédilection et l’herbe de para (Brachiaria mutica) ont été utilisées.  Elevé dans des cages (50 cm x 50 cm) contenant les plantes hôtes (maïs et B. mutica) infestés des papillons élevés au laboratoire. La fécondité des femelles issues des larves nourries de ces deux plantes-hôtes, la survie des différents stades de croissance et le cycle de vie du ont été étudiés.

Conclusions et application des résultats : Les résultats ont montré que le maïs a été favorable pour la plupart des paramètres étudiés et a permis de boucler cycle du ravageur en 24 jours ; B. mutica n’a pas permis au ravageur de terminer son cycle. B. mutica peut être utilisée comme une plante répulsive dans la stratégie push-pull pour une gestion durable du ravageur, elle attire l’insecte pour la ponte, mais la suite du développement laisse à désirer.

Mots-clés : Effets, Brachiaria mutica, Zea mays, Spodoptera frugiperda, fécondité, survie.

 

ABSTRACT

Objective: The fall armyworm, Spodoptera frugiperda, is a major pest. The damage it causes to maize poses a significant threat to food security in many countries. To manage this pest sustainably, a study was conducted on its life cycle to improve control measures.

Methodology and results: Two host plants were used: maize (Zea mays L.), its preferred host, and para grass (Brachiaria mutica). The larvae were reared in cages (50 cm × 50 cm) containing the host plants (maize and B. mutica) infested with moths reared in the laboratory. The fertility of females emerging from larvae fed on these two host plants, the survival rates at different growth stages, and the pest’s life cycle were studied.

Conclusions and application of results: The results showed that maize was favourable for most of the parameters studied and allowed the pest to complete its life cycle in 24 days; B. mutica did not allow the pest to complete its life cycle. B. mutica can be used as a repellent plant in the push-pull strategy for sustainable pest management; it attracts the insect for oviposition, but subsequent development is poor.

Keywords: Effects, Brachiaria mutica, Zea mays, Spodoptera frugiperda, fertility, survival

 

INTRODUCTION

 

La chenille légionnaire d’automne, S. frugiperda, est un ravageur majeur originaire des régions tropicales et subtropicales des Amériques. Son émergence en Afrique en 2016, d’abord signalée en Afrique de l’Ouest et du Centre, a marqué le début d’une invasion biologique rapide et étendue sur le continent (Goergen et al., 2016). Introduction principalement attribuée à la mondialisation des échanges commerciaux (transport maritime et aérien), facilitant le déplacement accidentel de stades immatures ou d’adultes (Early et al., 2018). Après son établissement initial, S. frugiperda s’est propagé rapidement à travers l’Afrique subsaharienne, favorisée par sa forte capacité de dispersion, l’absence de diapause, la grande diversité de plantes hôtes et la disponibilité continue du maïs, culture de base pour de nombreuses populations africaines (Day et al., 2017 ; Prasanna et al., 2018). Les conditions climatiques favorables et la vulnérabilité des systèmes agricoles ont permis son installation durable, entraînant d’importantes pertes de rendement et posant une menace sérieuse pour la sécurité alimentaire (FAO, 2018). Les premières analyses prospectives ont estimé qu’en l’absence de mesures de gestion appropriées, l’invasion de S. frugiperda pourrait entraîner une diminution annuelle de 8,3 à 20,6 millions de tonnes de maïs, correspondant à des pertes économiques de plusieurs milliards de dollars américains en Afrique subsaharienne (Day et al., 2017 ; Early et al., 2018). Des études menées dans différents contextes agro-écologiques ont par la suite documenté des réductions de rendement fréquemment comprises entre 20 et 50 %, avec une forte variabilité spatiale et saisonnière, particulièrement marquée chez les petits exploitants disposant de ressources limitées pour la lutte phytosanitaire (Goergen et al., 2016). Au-delà des pertes directes de production, l’invasion de S. frugiperda a induit une augmentation substantielle des coûts de production, liée notamment à un recours accru et souvent non raisonné aux insecticides de synthèse, accentuant les risques environnementaux et sanitaires (Tambo et al., 2019 ; Kansiime et al., 2019). L’ampleur et la persistance de ces impacts soulignent la vulnérabilité des systèmes agricoles africains face aux ravageurs exotiques envahissants et mettent en évidence la nécessité de développer et de diffuser des stratégies de gestion intégrée durables, fondées sur des approches écologiquement rationnelles et socio-économiquement viables (FAO, 2018 ; Prasanna et al., 2018).  La stratégie Push–Pull est une approche agro-écologique efficace pour la gestion de ce ravageur dans les cultures de maïs en Afrique. Elle combine des plantes répulsives « push », comme Desmodium spp, intercalées dans la culture, et des plantes attractives « pull », telles que Brachiaria spp ou Pennisetum purpureum, en bordure des champs. Les plantes « push » repoussent les femelles et réduisent la ponte sur le maïs, tandis que les plantes « pull » attirent les adultes mais compromettent la survie larvaire, limitant ainsi les populations du ravageur (Khan et al., 2018 ; Midega et al., 2018). Cette approche favorise également la biodiversité, améliore la fertilité du sol via la fixation de l’azote par le desmodium et réduit l’usage d’insecticides chimiques, contribuant à la durabilité écologique et socio-économique des systèmes agricoles africains (Midega et al., 2018 ; Hailu et al., 2018).

 

 

MATERIEL ET METHODES

 

Milieu d’étude :Les essais d’élevage ont été réalisés dans le Laboratoire d’Entomologie Appliquée et Fonctionnelle (LENAF) de l’Institut Facultaire des sciences Agronomiques de Yangambi (IFA-YANGAMBI) agro-campus de Kisangani. Situé au quartier Plateau Médical dans la commune Makiso à Kisangani, les coordonnées géographiques sont : 0°31′ de latitude Nord et 23°29′ de longitude Est, avec une altitude moyenne d’environ 400 mètres.

Collecte et élevage des larves : L’étude a commencé par la collecte des larves de S. frugiperda des différents stades dans les champs de maïs attaqués dans la région de Kisangani. Ces larves ont été élevées au laboratoire dans les boites en plastique perforées (aération), nourries quotidiennement des feuilles fraîches de maïs jusqu’à la métamorphose (formation des chrysalides). Ces dernières ont été bien conservées dans des boites maintenues propres jusqu’à l’émergence des papillons. Parallèlement, les plantes-hôtes multipliées dans les sachets en polyéthylène qui avaient reçu chacun 5 grains pour le maïs et 5 boutures de tiges de pour B. mutica. Vingt cages d’élevage (des dimensions 50 cm x 50 cm ont été utilisées à raison de dix par plante-hôte. Chaque cage avait reçu un sachet en polyéthylène contenant le maïs ou B. mutica.

Infestation et suivi de la ponte de S. frugiperda : Les papillons émergés au laboratoire ont été infestés sur le maïs et B. mutica. Ces plantes-hôtes étaient placées dans un dispositif fabriqué en bois. L’infestation a eu lieu dans les cages lorsque le maïs et B. mutica avaient au moins quatre vraies feuilles. Pour chaque plante, l’infestation a été répétée dix fois et un couple de papillons y était infesté. Un suivi régulier a été réalisé pour vérifier les œufs pondus par les femelles sur B. mutica et le maïs dans les cages. Ces observations se faisaient chaque jour le matin sur les faces inférieures des feuilles qui sont les sites de ponte préférés par les femelles. Les tas d’œufs pondus ont été récoltés en les coupant à l’aide d’une paire de ciseau, la partie de la feuille où ils ont été pondus. Le comptage des œufs pondus était journalier et cela pour chaque femelle à l’aide d’un microscope binoculaire et d’une source de la lumière froide. Après le comptage, ces tas d’œufs ont été placés dans des boites de Pétri étiquetées en attendant l’éclosion. Les larves obtenues y ont été gardées jusqu’au stade 2 avant d’être réparties individuellement dans d’autres boites où elles ont été nourries des feuilles de maïs jusqu’à leur métamorphose en chrysalide. Les chrysalides obtenues ont été conditionnées dans les boites de Pétri jusqu’à l’émergence des papillons pour réaliser un cycle complet. Ces essais d’élevage ont été conduits à une température moyenne de 27°C.

Etude du cycle de vie du ravageur : Le cycle de vie du ravageur a pris en compte les paramètres liés à la ponte, à l’éclosion et à la croissance des larves. Les paramètres étudiés dans le cadre de cette étude comprenaient (i) la période pré-ovipositoire qui est le temps qui s’écoule entre l’infestation de la plante hôte et la première ponte. (ii) la durée d’incubation a concerné le temps entre la ponte et l’éclosion des œufs. Le taux d’éclosion (iii) a été calculé par la formule suivante :

Taux d’éclosion (%) =  (1)

La survie des larves a été déterminée le rapport entre  les larves nombre de larves de dernier stade et le nombre des larves de premier stade comme présentée par la formule ci-dessous :

Taux survie (%) =  (2)

Où NL6= nombre de larves de dernier stade et NTL1=nombre total des larves de premier stade.

L’effet de la plante hôte sur la chrysalidation a également été étudié. Pour ce faire, la formule suivante a été appliquée :

Taux de pupaison=

Où NTP= nombre total de pupes obtenues et L6= larves de dernier stade.

Les chrysalides obtenues ont subi la métamorphose pour atteindre le stade imaginal, le papillon. Les papillons émergeant des pupes ont été comptés afin de trouver le taux d’émergence. Celui-ci a été calculé par la formule présentée ci-après :

T.E =  Où T.E= taux d’émergence des papillons; NPE=nombre total des papillons émergés;  NTP=nombre total de pupes.

Afin d’avoir une idée sur la dynamique de population de ce ravageur dans la région, nous avons déterminé le sex-ratio des papillons par le rapport entre le nombre de femelles et le nombre total des papillons émergés telle que présenté par la formule suivante.

Sex-ratio=  (5).

Analyse statistique : Les données obtenues ont été saisies à l’ordinateur afin de calculer la moyenne, l’écart- type et le coefficient de variation grâce au logiciel Excel. Enfin, nous avons fait le test de t pour comparer les moyennes des deux substrats d’élevage avec le logiciel GraphPad Prism 5 (Graph Pad Software, San Diego, California, USA). Le seuil de significativité était fixé à 5%.

 

 

RESULTATS

 

Ponte des œufs sur les plantes-hôtes : La ponte de S. frugiperda a été influencée par la plante-hôte (tab.1) et cela sur tous les paramètres de ponte observés. Les papillons dans les cages se sont accouplé aussi bien sur le maïs que sur B. mutica. Cependant, la période pré-ovipositoire a relativement varié entre les deux plantes-hôtes. Les femelles ont pondu 2 jours après l’infestation sur le maïs alors que sur B. mutica, la ponte a eu lieu après 4 jours. Ceci peut être expliqué par le fait que les femelles ont mis du temps pour accepter la plante hôte. Les femelles infestées sur le maïs étaient plus prolifiques. Elles ont pondu en moyenne 787 ± 286.2 œufs par femelle. Par contre, les femelles infestées sur B. mutica ont pondu en moyenne de 498 ± 89.51 œufs par femelle. Le taux d’éclosion des œufs pondus sur B. mutica était moins élevée, 89,5% contre 96,4 % par rapport à ceux pondus sur le maïs.

 

 

Tableau 1 : Ponte des œufs et taux d’éclosion

Paramètres Plantes-hôtes
Zea mays Brachiaria mutica
Durée pré-ovipositoire (jour) 2 4
Moyenne œufs pondus par femelle 786.5 ± 286.2a 498 ± 89.51b
 Moyenne œufs éclos par femelle 758,25a 446b
Taux d’éclosion (%) 96,3a 89,5b

Les lignes présentant des lettres différentes sont significativement différentes p=0,01

 

 

Evolution de ponte par femelle : La ponte a duré 3 jours sur maïs et 4 jours sur B. mutica. Le pic de la ponte a été obtenu le premier jour de ponte sur le maïs (392 œufs en moyenne), et sur B. mutica, elle a eu deux pics de ponte, le premier et le troisième jour (183 et 173 œufs). La présence d’une bonne plante hôte amène les femelles à pondre plus rapidement pour permettre le développement aussi rapide des larves. Après ce pic de ponte observé dès le premier jour de ponte, celle-ci a commencé à chuter graduellement pour s’annuler au troisième jour mais avec une ponte de 167 œufs sur le maïs. Pour les femelles infestées sur B. mutica, l’évolution de la ponte était sinusoïdale. L’évolution de la ponte a montré qu’une femelle pondait en moyenne par jour 262.7 ± 95.37 et 148.6 ± 34.79 œufs respectivement pour le maïs et B. mutica. L’analyse statistique n’a montré aucune différence significative entre les deux plantes hôtes. La figure ci-dessous présente l’évolution moyenne de la ponte sur les deux substrats.

 

 

Figure 1. Evolution journalière de la ponte par femelle

 

 

Survie et sex-ratio de S. frugiperda : Nous avons évalué la survie des larves, le taux de pupaison, l’émergence et le sex-ratio des papillons en fonction de la plante-hôte.

 

 

Tableau 2 : Survie des larves, pupaison et émergence des papillons

Substrats Paramètres Z. mays B. mutica
Nombre moyen larves premier stade (L1) 787a 446b
Nombre moyen larves dernier stade (L6) 450a 152b
Taux moyen de survie larvaire (%) 57,1a 34,0b
Moyenne des pupes 356a 95b
Taux moyen de pupaison (%) 79,1a 62,5b
Nombre moyen papillons 315a 65b
Taux d’émergence (%) 88,4a 68,4b
Sex-ratio 0.6 0.5

Les lignes présentant des lettres différentes en exposant sur la même ligne sont significativement différentes p=0,01

 

 

La plante-hôte a significativement influencé tous les paramètres de survie des larves et des chrysalides (p=0,001). Les larves nourries avec les feuilles fraîches du maïs ont eu un taux de survie élevé alors qu’elle a été plus faible pour les larves nourries avec B. mutica. Le même constat a été fait pour le taux de pupaison et l’émergence des papillons.  79,1% de L6 se sont transformées en chrysalides pour le maïs contre 62,5% pour B. mutica.  Il y a eu 88,4 et 68,4% des papillons émergés pour le maïs et B. mutica respectivement. La qualité du substrat en est la cause, B. mutica était moins appétant, moins nutritif et les larves ont eu du mal à se développer contrairement au maïs qui est la plante hôte de prédilection. Des adultes (papillons) élevés sur le maïs, plus de femelles ont été obtenu que de mâles, population est en pleine croissance. Par contre, ceux obtenus de B. mutica, ont donné un sex-ratio de 1 :1, c’est-à-dire un mâle pour une femelle. La longueur et la largeur des chrysalides ont aussi varié en fonction des plantes hôtes (tab.3).

 

 

Tableau 3 : Paramètres morpho-métriques des chrysalides

                  Substrats

Paramètres

Z. mays B. mutica
Longueur (mm) 14.3 ± 0.3 13 ± 0.3
Largeur (mm) 0.5 ± 0.04 0.3 ± 0.05

Les chrysalides obtenues au laboratoire avaient des dimensions suivantes : 14.3 ± 0.3 et 13 ± 0.3 mm de longueur et 0.5 ± 0.04 et 0.3 ± 0.05 mm de largeur, respectivement pour le maïs et B. mutica.

 

 

Evaluation de la durée des différents stades :Tous les stades de développement (tab.4) de S. frugiperda ont montré des différences hautement significatives (p=0,001) entre les deux plantes hôtes à l’exception de la durée d’incubation et la durée de vie des papillons qui ont été très significatives (p=0,01).

 

 

Tableau 4 : Durée moyenne des différents stades de vie de S. frugiperda

                               Substrats

Durée de vie/stade (jours)

Z. mays B. mutica
Œufs 2.5 ± 0.3a 3.8 ± 0.3b
Larves (L1 à L6) 13.3 ± 1.5a 20.5 ± 0.3b
Pré-pupe 2.5 ± 0.3a 4.5 ± 0.3b
Chrysalides (pupes-imago) 6 ± 0.3a 11± 1.4b
Stade adulte 5.3 ± 0.5a 3.2 ± 0.4b
Cycle de vie (œufs-papillons) 24 ± 0.8a 31.1 ± 1.4b

 

 

La durée d’incubation a été de 2.5 ± 0.3 et 3.8 ± 0.3 jours en moyenne pour le maïs et B. mutica respectivement. Le développement larvaire du L1 à L6 a pris en moyenne 13.3 ± 1.5 et 20.5 ± 0.3 jours, respectivement pour le maïs et B. mutica. La durée de la pré-pupaison et de pupaison a été faible sur le maïs (2.5 ± 0.3 et 6 ± 0.3 jours pour pré-pupes et pupes) et longue sur B. mutica (4.5 ± 0.3 et 11 ± 1.4 jours pour pré-pupes et pupes). La durée de la vie adulte a été de 5.3 ± 0.5 et 3.2 ± 0.4 jours pour le maïs et B. mutica respectivement. Le cycle complet (fig.2) a été accompli après une moyenne de 24 ± 0.8 et 31.1 ± 1.4 jours respectivement pour le maïs et B. mutica.

 

 

Figure 2. Cycle biologique de S. frugiperda au laboratoire

 

DISCUSSION

 

Les résultats de cette étude ont montré que le substrat d’élevage influence la table de vie de Spodoptera frugiperda. La fécondité la plus élevée a été observée chez les femelles issues des larves nourries avec les maïs et qui se sont servi du maïs comme plante-hôte pour la ponte. Par contre, les femelles élevées sur B. mutica avaient une fécondité inférieure comparativement au maïs. Ces résultats corroborent ceux de Blair et al. (2019) qui ont démontré que l’alimentation larvaire impacte significativement la fécondité des adultes. Dans leur étude, Altaf et al. (2022) ont rapporté que les femelles provenant des larves élevées sur le maïs ont produit plus d’œufs que celles nourries avec le  blé et le sorgho. Les insectes polyphages tels que la chenille légionnaire d’automne présentent une reproduction variable selon la plante-hôte consommée durant le stade larvaire (Huang et al.,  2018a, b ; Li et al.,  2013 ; Teng et al.,  2012). Le maïs est une plante-hôte de prédilection de S. frugiperda (Montezano et al., 2018 ; Dias et al.,  2016 ; Liu et al.,  2014), ses performances sur cette plantes sont de loin supérieures à celles observées sur d’autres plantes-hôtes (Goergen et al., 2016). La survie des larves a été influencée par la qualité de la plante-hôte. Le nombre plus élevé de larves de dernier stade (L6) sur le maïs par rapport à B. mutica se traduit par un taux de survie larvaire significativement supérieur sur le maïs. Ces résultats sont cohérents avec de nombreuses études montrant que Z. mays constitue l’hôte optimal de S. frugiperda. Il fournit un équilibre nutritionnel favorable à la croissance rapide et à la réduction de la mortalité larvaire (Montezano et al., 2018). Ils corroborent aussi ceux de Nurkomar et al. (2023) qui ont rapporté que les larves nourries des feuilles fraîches de maïs avaient un taux de survie élevée comparativement aux 13 autres plantes utilisées comme hôtes alternatives pour l’élevage de S. frugiperda. Toutefois, les taux de survie observés dans cette recherche restent largement inférieurs à ceux observés par ces auteurs pour la plupart des substrats à l’exception de Brocoli qui avait un taux de survie nul. Des études similaires ont été menées sur d’autres insectes phytophages. En effet, la survie des larves de Borocera cajani Vinson (Lepidoptera: Lasiocampidae) était plus élevée lorsqu’elles ont été nourries de Uapaca bojeri que celles élevées sur Aphloia theiformis (Razafimanantsoa et al., 2013).  La pupaison représente une phase critique du cycle de S. frugiperda et est fortement dépendante de l’accumulation de réserves énergétiques durant le stade larvaire (He et al., 2021). Le faible taux de pupaison observé sur B. mutica révèle que cette plante-hôte impose des contraintes nutritionnelles ou physiologiques limitant la capacité des larves à atteindre le seuil nécessaire à la métamorphose. Un phénomène déjà rapporté chez S. frugiperda sur des hôtes secondaires ou de moindre qualité (Montezano et al., 2018 ; Barros et al., 2010). Les variations morphométriques observées sur les chrysalides confirment l’influence déterminante de la plante-hôte sur l’accumulation des réserves au stade larvaire et la réussite de la métamorphose. Les chrysalides issues des larves nourries avec le maïs présentent des longueurs et des largeurs supérieures à celles formées sur B. mutica. Chez la chenille légionnaire d’automne, la taille de la chrysalide constitue un indicateur robuste de la qualité de l’hôte exploité durant les stades larvaires et de l’efficacité de l’assimilation nutritionnelle (Chen et al., 2020).  La chrysalidation dépend entièrement des réserves énergétiques accumulées durant le stade larvaire. Des chrysalides plus grandes sur Z. mays reflètent une accumulation plus importante de protéines et de lipides, indispensables à la différenciation des tissus adultes et à la formation des structures reproductrices (Altaf et al., 2022). Des travaux récents ont montré que les larves de S. frugiperda nourries avec le maïs atteignent plus fréquemment le seuil critique de masse corporelle nécessaire à une métamorphose optimale, comparativement aux hôtes graminéens secondaires (Altaf et al., 2022 ; Montezano et al., 2018). Ces auteurs ont rapporté que les larves se développent rapidement lorsqu’elles sont nourries avec le maïs, le sorgho et le blé que celles élevées avec le riz (Altaf et al., 2022). Lorsque la chrysalide est issue d’une larve nourrie alimentée avec un substrat riche, sa durée de pupaison sera raccourcie. Selon Guo et al. (2021), la durée de chrysalide était plus courte sur le maïs que sur la pomme de terre.  La durée de développement des stades et du cycle de vie a fortement été influencée par la plante-hôte. Tous les stades (œufs, larves, pré-pupe, chrysalides) se développent plus rapidement sur Z. mays que sur B. mutica, reflétant une meilleure qualité nutritionnelle et une assimilation plus efficace des ressources (Montezano et al., 2018). La chrysalide se forme et se transforme plus rapidement sur le maïs, tandis que sa prolongation sur B. mutica traduit des contraintes métaboliques et des réserves larvaires insuffisantes (Chen et al., 2022). La longévité adulte plus élevée sur Z. mays et la durée totale du cycle de vie plus courte confèrent aux populations une capacité de reproduction et d’accroissement plus élevée. En revanche, B. mutica allonge le cycle biologique, limitant potentiellement la dynamique des populations. Ces résultats confirment que la plante-hôte est un facteur clé modulant la performance et le potentiel démographique de la chenille légionnaire d’automne. Plusieurs études ont montré que le maïs offre une meilleure qualité nutritionnelle, notamment une teneur élevée en azote et un profil en acides aminés favorable, permettant une croissance larvaire accélérée et une réduction de la durée des stades immatures (Montezano et al., 2018 ; Sparks, 1979). Un cycle de vie plus court sur le maïs favorise ainsi une augmentation du nombre de générations annuelles et contribue au fort potentiel de pullulation de l’espèce dans les systèmes de culture dominés par cette céréale (Day et al., 2017). La durée du cycle observée sur B. mutica peut être lié à une moindre digestibilité des tissus foliaires, à un déséquilibre nutritionnel ou à la présence de composés secondaires défensifs, facteurs déjà signalés chez des hôtes alternatifs de S. frugiperda (Pannuti et al., 2015). Un développement plus lent implique également une exposition prolongée aux ennemis naturels et aux facteurs abiotiques défavorables, ce qui peut réduire la survie globale et le potentiel reproducteur des populations se développant sur ces plantes. Les durées de cycle observées dans cette étude sur les deux plantes hôtes utilisées restent cependant inférieures à ceux observés dans d’autres régions. Malanno et al. (2019) ont observé un cycle de 39 ± 5 jours en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, Schmidt-Durán et al. (2015), dans leurs travaux réalisés en conditions contrôlées, ont observé un cycle de 38 jours sur une alimentation artificielle. Ces différences montrent que la région de Kisangani est très favorable au développement rapide de l’espèce. Plusieurs générations peuvent ainsi être observées au cours d’une année. Toutefois, les résultats obtenus sur B. mutica sont satisfaisants et  montrent que cette espèce peut être associée dans la stratégie de gestion intégrée du ravageur.

 

 

CONCLUSION  ET APPLICATIONS DES RESULTATS

 

L’objectif de ce travail était de comparer la durée de cycle de vie de S. frugiperda élevé sur le maïs et B. mutica. Pour ce faire, des larves ont été récoltées sur le terrain afin d’être élevées pour obtenir des papillons. Ces papillons ont été ensuite accouplés dans des cages d’élevage (50cm x 50 cm) protégées contenant chacun des plants de maïs/B. mutica comme plante-hôte.  Trois générations y ont été produites. La fécondité des femelles, durée d’incubation, taux d’éclosion, taux de survie, taux de pupaison, taux d’émergence ont été les paramètres étudiés.  Les résultats ont montré que le mais est l’hôte de prédilection de S. frugiperda sur tous les paramètres étudiés. B. mutica a prolongé de plus de 7 jours son cycle de vie et a entraîné une survie des larves inférieure au maïs. Ces résultats prouvent que cette plante peut être utilisée comme hôte alternatif pour le ravageur tout en contrôlant sa progéniture ; partant, une diminution des dégâts sur les cultures. Deux pratiques peuvent être envisagées par les agriculteurs pour utiliser B. mutica comme répulsif : (i) installer une haie avec B. mutica autour du champ de maïs soit (ii) faire une association mais cette fois-là en incorporant Desmodium sp. Comme une espèce attractive. Les lignes de maïs doivent être séparées par une ligne de B. mutica. Les femelles seront tentées de pondre sur cette plante et cela épargnerait le maïs d’une part et d’autre part, les plants de B. mutica limiteront le déplacement des larves d’un pied à l’autre dans le champ.

 

 

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

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