Diouf et al., 2026

 

Journal of Animal and Plant Sciences

J. Anim. Plant Sci. )

ISSN 2071 – 7024

 

Flore aquatique et des zones inondables de la Réserve Spéciale d’Avifaune du Ndiael (RSAN) (Sénégal)

 

Jules DIOUF1,2, Sanou NDOUR1,2,3, Birane DIENG1,2, Djibril DIOP1,2, Ndongo DIOUF1,2, Abdoul Aziz CAMARA1,2 et Mame Samba MBAYE1,2.

1Laboratoire de Botanique Biodiversité, Département de Biologie végétale, Faculté des Sciences et Techniques, Université Cheikh Anta DIOP, B.P.5005 Dakar-Fann, Sénégal.

2Herbier Dakar, Département de Biologie végétale, Faculté des Sciences et Techniques, Université Cheikh Anta DIOP, B.P.5005 Dakar-Fann, Sénégal.

3 International Union for Conservation of Nature (IUCN), Sénégal

Tel : (+221) 77 797 44 24, Email : dioufjules39@yahoo.com, jules.diouf@ucad.edu.sn

Keywords : Aquatic flora, wetland, Ndiael Bird Sanctuary

Mots clés : Flore aquatique, zone humide, Réserve d’Avifaune du Ndiael

 

Submitted 16/01/2026, Published online on 31st March 2026 in the Journal of Animal and Plant Sciences (J. Anim. Plant Sci.) ISSN 2071 – 7024

 

1          RESUME   

Ce travail a été réalisé dans la Réserve Spéciale d’Avifaune Ndiael (RSAN) qui est une zone humide d’importance internationale ou site Ramsar au Sénégal mais qui souffre des pressions anthropiques et continue de subir un morcellement de sa superficie. Cette étude vise à caractériser la structure de la flore aquatique et des zones inondables du milieu. L’utilisation de la méthode des relevés floristiques nous a permis de caractériser la flore du site. Les résultats indiquent que la flore aquatique de la Réserve est constituée de 71 espèces réparties dans 58 genres et 27 familles. La classe des Dicotylédones (63,38%) est plus importante. Cette flore est dominée par les thérophytes (43,06%). Sur le plan de la répartition géographique, les espèces pantropicales (26,76%) sont plus importantes suivie des espèces africaines (25,35%). Les familles des Poaceae (25,35%), des Fabaceae (18,31%) et des Cyperaceae (7,04%) sont les plus diversifies. Ces résultats sont importants dans la gestion des ressources végétales de la Réserve et dans l’élaboration d’un plan de gestion.

 

Aquatic and floodplain flora of the Ndiael Special Bird Reserve (RSAN) (Senegal)

 

ABSTRACT

This work was carried out in the Ndiael Special Bird Reserve (RSAN), which is a wetland of international importance or Ramsar site but which suffers from anthropogenic pressures and continues to undergo fragmentation of its area. This study aims to characterize the structure of the aquatic flora and floodplains of the environment. The use of the floristic survey method enabled us to characterize the site’s flora. The results indicate that the Reserve’s aquatic flora consists of 71 species distributed across 58 genera and 27 families. The Dicotyledon class (63.38%) is the most important. This flora is dominated by therophytes (43.06%). In terms of geographical distribution, pantropical species (26.76%) are the most important, followed by African species (25.35%). The Poaceae (25.35%), Fabaceae (18.31%), and Cyperaceae (7.04%) families are the most diverse. These results are important for managing the Reserve’s plant resources and developing a management plan.

 

 

2          INTRODUCTION

 

Dans les années 1970, le Sénégal a adhéré aux grandes conventions internationales relatives à la protection de la faune et des zones humides (MEPN, 1997). La création de la RSAN répondait à l’engagement du pays en faveur de la préservation des habitats d’importance mondiale. Son classement est intervenu à un moment où la dégradation des zones humides à l’échelle mondiale, constituait une menace de taille pour la conservation de l’avifaune (CRD, 2010). A cette raison s’ajoute le besoin de classement pour compenser le déclassement des Forêts classées de Boundoung et de Djeuss pour les besoins de l’agriculture. En 1977, le site est considéré comme Zone d’Importance Internationale pour l’Avifaune et en son sein la Cuvette du Ndiael, dénommée dépression du Ndiael avec sa richesse en diversité biologique avait motivé son élection en site humide d’importance internationale dans le cadre de la Convention de Ramsar (Ndao, 2012). Le site est une zone humide intérieure, plus précisément un bassin alluvial imperméable, sur des sols salins de la plaine d’inondation du fleuve Sénégal (Mietton et Kane 1995, UICN-Sénégal, 2016). Il fait partie de la Réserve de biosphère transfrontière du delta du fleuve Sénégal et a été classé réserve de faune spéciale en 1965 (Sylla et Triplet, 2017).  Ainsi, l’effet combiné des facteurs naturels et anthropiques a entraîné une forte détérioration de la réserve aboutissant à la remise en cause de son statut de zone humide d’importance internationale. Par conséquent, la réserve d’avifaune du Ndiaël a été inscrite dans le “Registre de Montreux” par le secrétariat de la Convention de Ramsar, en 1990. Ce Registre renferme la liste des zones humides d’importance internationale dont les caractéristiques écologiques ont été modifiées, à la suite d’interventions humaines (UICN-Sénégal, 2016).  Les nouvelles conditions écologiques créées par les aménagements hydro-agricoles mises en place dans le Delta ont entraîné la prolifération de quelques espèces de plantes envahissantes (Typha domengensis, Pistia stratiotes….) (Sylla et Triplet, 2017) et la disparition d’un grand nombre d’espèces aussi. Ainsi malgré son rôle primordial dans la conservation de la biodiversité, il est à constater que la réserve souffre d’un manque d’information sur sa richesse floristique. Ce travail entre dans cette perspective et vise à caractériser la flore de la réserve afin de permettre à ce patrimoine d’assurer convenablement ses missions de site Ramsar.

 

 

3          MATERIELS ET METHODE

 

3.1        Présentation de la zone d’étude : La Réserve Spéciale d’Avifaune du Ndiael (RSAN) plus particulièrement d’Avifaune Migratrice est classée par le décret n° 65-053 du 02 février 1965. Elle couvre actuellement une superficie de 20 000 ha suite au déclassement de 26 550 Ha par décret n° 2012-366 du 20 mars 2012.  Le Ndiael se trouve circonscrit entre les Communes de Ross Béthio, Diama et les Communes de Ronkh et Ngnith dans le Département de Dagana, à 60 km de la ville de Saint Louis. La zone du Ndiael fait partie des marges du Delta du Fleuve Sénégal, c’est-à-dire des régions qui furent longtemps inondées par les crues du fleuve Sénégal. Elle couvrait une superficie initiale de 46 650 ha. Elle se subdivise en trois zones (une cuvette, une zone tampon et une zone périphérique), fortement interdépendantes puisque des cours d’eau les traversent et les relient.  Le climat du Ndiael est de type tropical avec une courte saison pluvieuse (Août à Octobre) et une longue saison sèche. Les sols sont plus ou moins salés et hydro morphes, soumis à des remontées capillaires favorisant le processus de salinisation des horizons de surface (CRD, 2010) ; ce site comprend un bassin avec des sols halomorphes, imperméables (Ndao, 2012).  La végétation du Ndiael est particulièrement caractérisée par la steppe arbustive et arborée.

 

 

Figure 1 : Présentation de la zone d’étude

 

 

3.2       Méthode de collecte : Caractériser la diversité floristique de la Réserve Spéciale d’Avifaune du Ndiael, reviens à déterminer la diversité compositionnelle correspondant au nombre de taxons présents dans cette aire protégée. C’est la richesse spécifique lorsqu’il s’agit des taxons végétaux contrairement à la diversité structurale et la diversité fonctionnelle.Pour l’élaboration du plan d’échantillonnage, une carte d’occupation du sol en fonction des unités géomorphologiques de la réserve a été faite grâce au logiciel ArcGIS 10.5 afin de mettre en place un dispositif d’échantillonnage statistique. A partir de cette carte, un quadrillage de la réserve a été effectué avec des mailles de 1km x 1km en utilisant l’outil fishnet d’Arc Toolbox de ArcGIS (figure 2). Une maille est dite caractéristique si elle est entièrement incluse dans l’unité d’occupation des terres c’est-à-dire homogène (Diouf et al., 2019).

 

 

 

Figure 2 : carte de maillage de la réserve

 

 

 

Sur la base d’un échantillonnage stratifié suivant les unités géomorphologiques, les différentes placettes d’inventaire ont été distribuées dans les différents strates du site avec 10 placettes pour le plateau, 6 pour le versant et 4 pour le bas fond soit un total de 16 placettes. Dans chaque maille choisie, un inventaire itinérant a été faite en se basant sur la méthode du tour de champs. Ce dernier consiste à parcourir la placette dans toutes les directions et à recenser toutes les espèces présentes (Aubreville, 1963 ; Aké-Assi, 2002 et Kouakou, 2014 cités dans Sarr, 2018). Sur chaque surface d’échantillonnage, les taxons présents sont répertoriés. L’identification des espèces a été faite à l’aide des flores (Flore du Sénégal (Berhaut J., 1967, Flore illustrée du Sénégal (Berhaut J., 1971), Arbres, arbustes et lianes des Zones d’Afrique de l’Ouest (Arbonnier, 2009)), des échantillons de l’Herbier Dakar et d’autres travaux portant sur l’étude de la flore du laboratoire de Botanique Biodiversité de l’UCAD.

3.3       Traitement des données : Les données collectées lors de cette mission de terrain ont été saisies et traitées avec le tableur Excel pour établir la liste floristique, le spectre taxonomique, le spectre biologique et la répartition suivant les affinités phytogéographiques. La nomenclature utilisée suit celle de la base de données du Conservatoire et Jardin Botanique de la ville de Genève (African Plan datebase) et celle de the Plantlist. La classification utilisée est celle d’APG III (2009). Le spectre taxonomique nous a permis de donner la structure suivant un certain nombre de groupe taxonomique que sont la famille, le genre et le niveau spécifique.  En ce qui concerne le spectre biologique, les types biologiques ont été déterminés à partir de la classification de Raunkiaer (1934) adoptée à la zone tropicale (Serge et al., 2015 ; Sarr, 2018). Cette classification distingue six (6) formes biologiques qui sont : les phanérophytes (Ph), les chaméphytes (Ch), les hémicryptophytes (He), les géophytes (Ge), les thérophytes (Th), les parasites (Par). Il convient d’ajouter qu’il existe aussi des hydrophytes (Hy) ou plantes aquatiques, des hélophytes ou plantes herbacées amphibies.

Les types de distribution géographique représentent un reflet des traits biologiques de l’espèce en réaction aux conditions du milieu sur une aire bien déterminée.

Selon White (1986) différents types de distribution

  • Espèces à large distribution:
  • Cosmopolites (Cos): espèces présentes partout dans le monde ;
  • Afro-américaines (AA): espèces réparties entre l’Afrique et l’Amérique;
  • Pantropicales (Pan) : espèces présentes dans toutes les régions tropicales;
  • Paléotropicales (Pal): espèces réparties dans les régions tropicales de l’Ancien Monde (Afrique, Asie, Océanie).
  • Espèces à distribution continentale:
  • Soudano-guinéennes (SG): espèces présentes dans la zone soudano-guinéenne;
  • Afromalgaches (AM): espèces réparties en Afrique et à Madagascar;
  • Plurirégionales africaines (PRA): espèces présentes dans plusieurs régions africaines ;
  • Soudano-zambéziennes (SZ): espèces des zones soudaniennes et zambézienne;
  • Guinéo-congolaises (GC) : espèces présentes dans la zone guinéo-congolaise.
  • Espèces de l’élément-base soudanien:
  • Espèces distribuées dans le centre régional d’endémisme (CRE) soudanien.

Les informations ont été tirées de la Flora of West Tropical Africa de Hutchinson & Dalziel (1954) ainsi que des travaux du laboratoire de Botanique Biodiversité (Ba & Noba, 2001, Bassène et al., 2012 ; Mballo, 2013 ; Dieng, 2014 ; Diop et al., 2017). Le coefficient E/G (rapport du nombre d’espèces sur le nombre de genres) a été utilisé pour estimer la diversité floristique. Une faible valeur (proche de 1) de ce coefficient témoigne de la forte diversité de la flore (Aké Assi, 1984, Malan et al., 2007).

 

 

4          RESULTATS

 

4.1        Spectre taxonomique de la flore de la RSAN: Le tableau 1 présente les différentes espèces et familles rencontrées dans la Réserve Spéciale d’Avifaune Ndiael (RSAN) avec des indications sur le type biologique et l’appartenance biogéographique de chaque espèce. La flore de la RSAN est composée de 71 espèces réparties dans 58 genres et réunies dans 27 familles. La faible valeur du coefficient E/G (1,39) et la forte représentativité des familles et genres monospécifiques témoignent de la haute diversité de la flore de la RSAN.  L’analyse de la structure de la flore (tableau 2) montre que les Dicotylédones représentent 81,48% des familles contre 18,52% pour les Monocotylédones. Cette dominance des dicotylédones est aussi notée au niveau des genres avec 67,24% ; quant aux monocotylédones, elles représentent 32,76% des genres. Pour ce qui est de la diversité au niveau spécifique, les dicotylédones représentent 63,38% contre 36,62% pour les monocotylédones.  Le tableau 3 représente la répartition par famille des espèces recensées dans la réserve naturelle de Ndiael.   Il apparait que cette flore est dominée par deux (2) familles qui regroupent 43,66% des espèces recensées, soit 31 espèces au total. Ces familles sont : les Poaceae (25,35), les Fabaceae (18,31). Quatre (4) autres familles sont relativement bien représentées : il s’agit des Cyperaceae (7,04%), Malvaceae (5,63%), Apocynaceae (4,23%) et Convolvulaceae (4,23). La plupart des familles de la RSAN sont monospécifique (17 familles).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tableau 1: Liste des espèces rencontrées dans la zone

Familles Sous familles NG NE  Espèces Port TB RG
Aizoaceae (D) 1 1 Sesuvium portulacastrum L. Herbacée Th AsAm
Alismataceae (M) 1 1 Caldesia reniformis (D. Don) Makino Herbacée Hy Pal
Amaranthaceae (D) 2 2 Achyrantes argentea Lam. Herbacée Th Cosm
Blutaparon vermiculare (L.) Mears Herbacée C Am
Apocynaceae (D) Asclepiadoideae 2 3 Leptadenia hastata (Pers.) Decne. Liane mph Af
Leptadenia pyrotechnica (Forssk.) Decne. Liane mph As
Pentatropis spiralis (Forsk.) Decne. Liane Th Mas
Arecaceae (M) 1 1 Borassus aethiopum Mart. Arbre mph Af
Capparidaceae (D) 1 1 Boscia senegalensis (Pers.) Lam. Arbuste miph Af
Chenopodiaceae (D) 2 2 Salsola baryosma (Roem. & Schult.) Dandy. Herbacée C As
Suaeda vermiculata Forsk. Ex J. F. Gmel. Herbacée C Masue
Combretaceae (D) 1 1 Combretum glutinosum Perr. Arbuste mph Af
Convolvuceae (D) 2 3 Cressa cretica L. Herbacée Th Masue
Ipomoea acanthocarpa (Choisy) Asch. & Schweinf. Herbacée Th Cosm
Ipomoea aquatica Forssk. Herbacée C As
Cyperaceae (M) 3 5 Bolbochoenus maritimus (L.) Palla Herbacée G Cosm
Cyperus alternifolius L. Herbacée G Ma
Cyperus difformis L. Herbacée G Pt
Cyperus rotundus L. Herbacée G Cosm
Schoenoplectiella senegalensis (Hochst. ex Steud.) Lye Herbacée Th Pal
Euphorbiaceae (D) 2 2 Chrozophora senegalensis (Lam.) A. Jussieu. Herbacée Th Af
Euphorbia aegyptiaca Boiss. Herbacée Th Af
Fabacaeae (D) Caesalpinoideae 2 2 Bauhinia rufescens Lam. Arbuste mph Af
Parkinsonia aculeata L. Arbuste mph Am
Faboideae 5 5 Aeschynomene indica L. Herbacée Th Af
Alysicarpus ovalifolius (Schumach.) Leonard Herbacée Th Pt
Indigofera senegalensis Lam. Herbacée Th Af
Neptunia oleracea Lour. Herbacée Hy Pt
Sesbania sericea (Willd.) Link. Herbacée Th AsAm
Mimosoideae 3 6 Acacia senegal (L.) Willd. Arbuste mph Af
Acacia nilotica var adansonii (Guill. & Perr.) O. Ktze Arbuste mph Af
Acacia seyal Del. Arbuste mph Af
Acacia tortilis var; raddiana (Forssk.) Hayne Arbuste mph As
Mimosa pigra L. Arbuste nph Pt
Prosopis glandulosa Torr. Arbuste mph Am
Frankeniaceae (D) 1 1 Frankenia pulverulenta Linn. Herbacée Th As-Me
Loranthaceae (D) 1 2 Tapinanthus bangwensis (Engl. & Kr.) Dans. Arbuste Par As
Tapinanthus pentagonia (DC.) Van Tiegh. Arbuste Par Af
Malvaceae (D) Malvoideae 3 3 Abutilon pannosum (Forsk. F.) Schlechtend. Herbacée C As
Cienfuegosia digitata Cav. Herbacée C Af
Waltheria indica L. Herbacée Th Pt
Tilioideae 1 1 Corchorus tridens L. Herbacée Th Pt
Menispermaceae (D) 1 1 Cocculus pendulus (J.B. Först. & G. Forst.) Diels Herbacée mph Pal
Nympheaceae(D) 1 1 Nymphaea caerulea Sav. Herbacée Hy Af
Onagraceae (D) 1 1 Ludwigia hyssopifolia (G. Don) Exell. Herbacée Hy Pt
Planthaginaceae (D) 1 1 Scoparia dulcis L. Herbacée Th Pt
Poaceae (M) 13 18 Aristida mutabilis Trin. Herbacée Th As
Cenchrus biflorus Roxb. Herbacée Th As
Cynodon dactylon (L.) Pers. Herbacée G Cosm
Dactyloctenium aegyptium (L.) P. Beauv. Herbacée Th Pt
Digitaria ciliaris (Retz.) Koeler Herbacée Th Pt
Digitaria horizontalis Willd. Herbacée Th Pt
Echinochloa colona Link. Herbacée Th Pt
Enteropogon prieuri (Kunth) Clayton. Herbacée Th As
Eragrostis ciliaris (L.) R. Br. Herbacée Th Pt
Eragrostis tenella Roem. et Sch. Herbacée Th Af
Eragrostis tremula Steud. Herbacée Th As
Panicum laetum Kunth. Herbacée Th As
Panicum turgidum Forssk. Herbacée H As
Paspalum scrobiculatum L. Herbacée C Pt
Paspalum vaginatum Sw. Herbacée C Pt
Schoenefeldia gracilis Kunth. Herbacée Th As
Sporobolus robustus Kunth Herbacée H As
Zornia glochidiata Reichb. ex DC Herbacée Th Pt
Rhamnaceae (D) 1 1 Ziziphus mauritiana Lam. Arbuste mph Pal
Rubiaceae (D) 1 1 Spermacoce verticillata L. Herbacée Th Af
Salvadoraceae (D) 1 1 Salvadora persica L. Herbacée mph As
Sphenocleaceae (D) 1 1 Sphenoclea zeylanica Gaertn. Herbacée Th Pt
Tamaricaceae (D) 1 1 Tamarix senegalensis DC. Arbuste mph Pt
Typhaceae (M) 1 1 Typha domengensis Pers. Herbacée G Pt
Zygophyllaceae (D) 1 1 Balanites aegyptiaca (L.) Del. Arbuste mph As
27 familles   58 71  

 

Tableau 2 : Structure de la flore de la RSAN

Classes Familles Genres Espèces
Nombre Proportion (%) Nombre Proportion (%) Nombre Proportion (%)
Dicotylédones (D) 22 81.48 39 67.24 45 63.38
Monocotylédones (M) 5 18.52 19 32.76 26 36.62
TOTAL 27 100.00 58 100.00 71 100.00

 

 

 

Tableau 3 : Répartition par famille des espèces

Familles NG Proportion (%) NE Proportion (%)
Poaceae (M) 13 22.41 18 25.35
Fabacaeae (D) 10 17.24 13 18.31
Cyperaceae (M) 3 5.17 5 7.04
Malvaceae (D) 4 6.90 4 5.63
Apocynaceae (D) 2 3.45 3 4.23
Convolvuceae (D) 2 3.45 3 4.23
Amaranthaceae (D) 2 3.45 2 2.82
Chenopodiaceae (D) 2 3.45 2 2.82
Euphorbiaceae (D) 2 3.45 2 2.82
Loranthaceae (D) 1 1.72 2 2.82
Aizoaceae (D) 1 1.72 1 1.41
Alismataceae (M) 1 1.72 1 1.41
Arecaceae (M) 1 1.72 1 1.41
Capparidaceae (D) 1 1.72 1 1.41
Combretaceae (D) 1 1.72 1 1.41
Frankeniaceae (D) 1 1.72 1 1.41
Menispermaceae (D) 1 1.72 1 1.41
Nympheaceae(D) 1 1.72 1 1.41
Onagraceae (D) 1 1.72 1 1.41
Planthaginaceae (D) 1 1.72 1 1.41
Rhamnaceae (D) 1 1.72 1 1.41
Rubiaceae (D) 1 1.72 1 1.41
Salvadoraceae (D) 1 1.72 1 1.41
Sphenocleaceae (D) 1 1.72 1 1.41
Tamaricaceae (D) 1 1.72 1 1.41
Typhaceae (M) 1 1.72 1 1.41
Zygophyllaceae (D) 1 1.72 1 1.41
Total 58 100.00 71 100.00

 

 

 

4.2       Spectre biologique : Les indications des types biologiques des espèces recensées sont consignées dans la figure 3. L’analyse de la figure 3 indique que cette flore est principalement constituée d’espèces pérennes qui regroupent 51,69% des espèces recensées.  Parmi ces espèces pérennes, les phanérophytes sont dominantes avec 26,39% de la flore. Il s’agit :

  • des microphanérophytes (01,39%), ce sont des arbustes dont la taille n’excède pas 5m ;
  • des mésophanérophytes (23,61%), ce sont des arbres, arbustes et lianes ligneuses dont la taille est comprise entre 5-25m ;
  • des nanophanérophytes (1,39%), ce sont des arbustes dont la taille n’excède pas 2m.

Quant aux chaméphytes et géophytes, elles regroupent respectivement 11,11% et 08,33% de la flore recensée. En revanche les hémicryptophytes et les parasites regroupent chacune 2,78% des espèces inventoriées.  Par ailleurs, les espèces annuelles représentent une part non négligeable de la flore puisqu’elles regroupent 48,61% de la flore. Elles sont réparties chez les thérophytes (43,06%) et les hydrophytes (5,56%) qui appartiennent à la famille des Nymphaeaceae et Alismataceae. La figure 4 indique que la flore est fortement dominée par les herbacées qui occupent plus de 70% de l’effectif total. Les espèces ligneuses (arbre et arbuste) sont faiblement représentées et occupent 22,44% du peuplement.

4.3       Spectre chorologique: La représentation des espèces en fonction de leurs affinités biogéographiques est représentée dans le tableau 4. Il ressort de notre analyse que cette flore est dominée par les espèces pantropicales et africaines qui regroupent respectivement 26,76% et 25,35% des espèces recensées. Quant aux espèces afro-asiatiques, elles regroupent respectivement 21,13% de la totalité des espèces rencontrées.

 

 

Figure 3 : Répartition des espèces par type biologique

 

Figure 4 : Répartition des espèces suivant le port

 

Tableau 4 : Répartition des espèces par affinités biogéographiques

Répartition Géographiques Nombre d’espèces Proportion (%)
Espèces pantropicales (Pt) 19 26.76
Espèces africaines (Af) 18 25.35
Espèces afro-asiatiques (As) 15 21.13
Espèces cosmopolites (Cosm) 5 7.04
Espèces paléoptropicales (Pal) 4 5.63
Espèces américaines (Am) 3 4.23
Espèces afro-asiatiques et américaines (As Am) 2 2.82
Espèces afro-malgaches (AfM) 3 4.23
Espèces afro-asiatiques et méditerranéennes (As-Me) 1 1.41
Espèces afro-malgaches et asiatiques (Mas) 1 1.41
Total 71 100.00

 

5          DISCUSSION

 

Les résultats de cette étude sur la flore aquatique et des zones inondables de la Réserve d’Avifaune du Ndiael montrent qu’elle est constituée de 71 espèces réparties dans 58 genres et 27 familles. Cette flore est moins diversifiée que celle de Ndour et al., 2021 dans les parties aquatiques et les zones inondables du Parc national des Oiseaux du Djoudj qui avait recensé 88 espèces. Elle est aussi moins diversifiée que les travaux de Mbaye (2015) dans la vallée du fleuve Sénégal qui avait recensé 115 espèces réparties dans 87 genres et 43 familles le long des axes hydrauliques de la délégation de la SAED (Société nationale D’Aménagement et d’Exploitation des Terres du Delta de Fleuve Sénégal et des Vallées du Fleuve Sénégal et de la Falémé) de Dagana. Cette faible diversité pourrait s’expliquer par une diminution de la surface de l’aire protégée mais aussi du fait de l’assèchement de la marre entrainant une modification des conditions écologiques car d’après Sylla et Triplet, (2017) avant son assèchement, le Ndiaël offrait un environnement comparable à celui du Parc National des Oiseaux du Djoudj. La présence du Mimosa pigra et du Typha domingensis, deux espèces invasives à forte capacité de colonisation dans les milieux perturbés, constitue une menace significative pour l’intégrité écologique du Ndiael. Leur dynamique de croissance rapide associée à l’absence de régulateurs naturels pourrait compromettre la biodiversité et les fonctions écologiques du site. Cette situation souligne la nécessité pour les gestionnaires à plus d’attention dans la mise en œuvre de mécanises de lutte adaptée, afin de sauvegarder les zones humides (Guèye, 2015).  Ces espèces envahissantes sont très compétitives et empêchent le développement des autres espèces végétales par effet allélopathique ou par le microclimat assez particulier créé par ses peuplements denses entrainant ainsi une modification de la biodiversité qui évolue vers l’établissement de peuplements monospécifiques de Typha ou de Mimosa au niveau des marres. D’après Sylla et Triplet, (2017), le développement excessif des espèces invasives pose des problèmes pour les activités d’élevage. Il empêche également l’accès du bétail aux cours d’eau pour l’abreuvement des troupeaux. La décomposition de la biomasse végétale rend l’eau impropre à la consommation (Ndour et al., 2019) et les plantes aquatiques sont souvent à l’origine du développement de larves de moustiques, vecteurs de paludisme, et aux mollusques aquatiques, vecteurs de la bilharziose dans cette zone (Sylla et Triplet, 2017).  Les familles des Poaceae (25,35 %), Fabaceae (18,31%), Cyperaceae (7,04%) et les Malvaceae (5,63%) sont les plus diversifiées avec un cumul total de 56,33% de la flore de cette étude. Ces résultats sont similaires à ceux de Ndour, (2021) avec un cumul de plus de 50% de la flore globale, Mbaye, (2015) avec 36, 6% des espèces listées et de Mballo, (2018) avec 44,7% des espèces. L’importance des Poaceae est surtout liée à la grande capacité de production de graine même dans les conditions hostiles (Ka, 2019). Le spectre biologique de la flore est dominé par les thérophytes (espèces annuelles) qui constituent 43% des espèces suivi des phanérophytes (26,39%). Ces espèces annuelles ont un cycle de vie parfois très court, de quelques semaines ou plus long. Leur cycle est généralement synchrone avec la saison des pluies. Elles s’adaptent ainsi à la fois à la faible pluviométrie de la zone (Mbaye, 2015).  Il est à noter que ces espèces pérennes représentent les individus dominants de la flore pendant la saison sèche du fait de la protection dont elles font l’objet. Elles impriment fortement leur présence pendant toute la saison et peuvent jouer ainsi un rôle important dans la lutte antiérosive. Par ailleurs, l’importance accrue des espèces à large distribution semble liée à la position géographique du Sénégal qui est plus occidentale et océanique.  Il est probable que ces espèces soient plus adaptées aux conditions bioclimatiques du Sénégal que les autres affinités biogéographiques. Cette réserve est très importante pour la conservation de la biodiversité, en particulier pour les oiseaux migrateurs considérés comme de très bons indicateurs de la qualité de l’environnement. Il est donc important de conserver et de restaurer la connectivité écologique et l’intégrité de cet écosystème qui renforcerait les cycles naturels essentiels à la survie et au bien-être des oiseaux migrateurs.

 

 

6          CONCLUSION

 

Cette présente étude a permis de caractériser la flore aquatique et des zones inondables de la Réserve d’Avifaune du Ndiael. Elle est constituée de 71 espèces réparties dans 58 genres et 27 familles. Cette flore est dominée par la famille des Poaceae (25,35%), des Fabaceae (18,31%), des Cyperaceae (7,04%) qui sont les plus diversifiées. La classe des Dicotylédones (63,38%) est la plus importante. Cette flore est dominée par les Thérophytes (43,06%) avec une dominance des espèces à zone tropicale et africaine. La plupart des espèces ont un port herbacé (73,24%). Cette étude a montré clairement qu’il existe une richesse spécifique assez important au vu de sa composition malgré les fortes pressions anthropiques que subi cette zone mais aussi du fait qu’elle soit relativement une aire relativement réduite. Ainsi donc la mise en place d’un bon plan d’aménagement et de gestion pourrait permettre de sauvegarder ce patrimoine aussi bien important pour l’équilibre de cet environnement.

 

 

7          REMERCIEMENTS

 

Les auteurs de ce travail remercient le personnel du laboratoire de Botanique et Biodiversité de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et la Direction des Eaux, Forets, Chasses et de la Conservation des Sols (DEFCCS).

 

 

8          REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

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