Journal of Applied Biosciences 214: 22739 – 22748
ISSN 1997-5902
Efficacité des extraits de Azadirachta indica A. Juss dans la lutte contre le puceron (Aphis craccivora Koch) ravageur du niébé (Vigna unguiculata L. Walp.).
HALILOU Hayyo1,*, KARIMOU Issa2, KADRI Aboubaca3, MAMANE OUMAROU Ismael3
1Département d’Agriculture en Zones Arides, Institut Universitaire de Technologie, Université d’Agadez, BP : 199, Agadez, Niger
2Centre Régional de Recherche Agronomique de Maradi, Institut National de Recherche Agronomique du Niger, BP : 429, Niamey, Niger
3Département de Production Végétale, Faculté d’Agronomie, Université de Niamey, BP : 10960 Niamey, Niger
*Auteur correspondant, Cel : +227 96630260, Email : hayyohalilou5@gmail.com
Submitted 10/09/2025, Published online on 30/11/2025 in the https://www.m.elewa.org/journals/journal-of-applied-biosciences-about-jab/ https://doi.org/10.35759/JABs.214.6
RESUME
Objectif : Le puceron Aphis craccivora est l’un des ravageurs qui fait augmenter le cout de production du niébé en raison des dépenses liées aux traitements phytosanitaires. Cette étude vise à évaluer l’efficacité d’un biopesticide à base des feuilles fraiches du neem pour le contrôle du puceron du niébé.
Méthodologie et résultats : L’étude a été réalisée au Centre Régional de Recherche Agronomique de Maradi. Le dispositif expérimental utilisé est un bloc de Fischer avec (3) trois répétitions et (5) cinq traitements à savoir : le témoin (T1), le pesticide chimique (T2), les extraits des feuilles du neem à la dose de 17% (T3), de 29% (T4) et de 100% (T5). Cinq (5) applications sont effectuées à des intervalles de 7 jours. Les différentes formulations de biopesticides ont réduit significativement l’incidence du puceron par rapport au témoin. La dose de 100% a été plus efficace que les autres doses d’extrait avec 8,33%, 5,00%, 1,86%, 1,66% et 3,33% respectivement avant la 1ère application, à la 1ère, 2ème, 3ème et 4ème application. Toutefois, l’efficacité des formulations reste inférieure à celle du pesticide chimique dont l’incidence varie de 6,60% avant la 1ère application à 0% à la 3ème et 4ème application.
Conclusions et application des résultats : Il ressort de cette étude que l’extrait du neem à la dose de 100% est plus efficace sur les pucerons du niébé. Cette formulation de biopesticide à base d’extraits des feuilles fraiches du neem pourraient être utilisées pour la protection du niébé contre le puceron et d’autres insectes ravageurs.
Mots clés: Niébé, puceron, neem, extrait de feuilles, lutte
ABSTRACT
Objective : The aphid Aphis craccivora is one of the pests that increases the cost of cowpea production due to the expense of phytosanitary treatments. This study aims to evaluate the effectiveness of a biopesticide based on fresh neem leaves for the control of the cowpea aphid.
Methodology and results : The study was conducted at research station at the Regional Center for Agronomic Research in Maradi. The experimental design used was a Fischer block with (3) three replicates and (5) five treatments: the control (T1), the chemical pesticide (T2), and neem leaf extracts at doses of 17% (T3), 29% (T4), and 100% (T5). Five (5) applications were carried out at 7-day intervals . The different biopesticide formulations significantly reduced aphid incidence compared to the control. The 100% dose was more effective than the other extract doses, with 8.33%, 5%, 1.86%, 1.66%, and 3.33% reductions before the first application, and at the first, second, third, and fourth applications, respectively. However, the effectiveness of the formulations remained lower than that of the chemical pesticide, whose incidence ranged from 6.6% before the first application to 0% at the third and fourth applications.
Conclusion and application of results : This study shows that neem extract at a 100% concentration is more effective against cowpea aphids. This biopesticide formulation based on extracts of fresh neem leaves could be used to protect cowpeas against aphids and other insect pests.Keywords: Cowpea, aphid, neem, leaf extract, control
INTRODUCTION
Le niébé (Vigna unguiculata L. walp.) est l’une des principales légumineuses alimentaires mondiale et joue un rôle important dans la création de revenus pour les agriculteurs (Pasquet et Baudoin, 2001 ; Dugje et al., 2009 ; Omoigui et al., 2018). IL est cultivé pour ses gousses et ses feuilles consommées comme légume mais aussi pour ses potentialités fourragères. La graine du niébé est particulièrement riche en protéines (20 à 25% de son poids sec) et contient 3400 calories, soit deux fois plus que le mil et le sorgho (Mukendi et al., 2014). Au Niger, le niébé est cultivé dans toutes les zones agricoles. Sa production occupe la troisième place après le mil et le sorgho et la deuxième superficie après le mil et représente 80% des productions de rente. En 2020, la production du niébé au Niger était de 2 629 772 tonnes avec les régions de Maradi et Zinder comme les zones les plus productrices (MA, 2022). Cependant, la production du niébé est entravée par des pressions parasitaires aussi bien les agents responsables des maladies que les insectes ravageurs. En effet, les insectes ravageurs sont les principaux responsable des faibles rendements du niébé qui est de 400kg/ha observé dans les zones de production comparé au potentiel de la plante estimé à plus de trois tonnes/ha (MA, 2022 ; Tanzubil et al., 2008 ; Asiwe, 2006). Parmi les insectes ravageurs, les pucerons Aphis craccivora Koch engendrent d’énorme des pertes de rendements de l’ordre de 20 à 40% (Issoufou et al., 2017 ; Abdourahamane et al., 2020 ; Abdoulaye et al., 2019 ; Traore et al., 2019 ; Zakari et al., 2019). Ils sont aussi responsables de l’augmentation du cout de production en raison des dépenses liées aux traitements phytosanitaires. La lutte chimique est la principale méthode utilisée par les producteurs pour combattre les insectes malgré son inconvénient sur la santé humaine, animale et sur les autres composantes de l’environnement (Adigoun, 2002). De ce fait, le développement des méthodes alternatives, comme l’utilisation des biopesticides, efficaces moins couteux, écologiques et non toxiques pour l’homme et les animaux s’avère nécessaire (Ilboudo, 2009 ; Mukendi, et al., 2014). Le neem, Azadirachta indica A. Juss avec ses propriétés répulsives et anti-appétant s’est avéré efficace pour contrôler des insectes ravageurs des cultures (Halilou et al., 2025 ; Bidiga, 2014 ; Mondedji et al., 2016 ; Abdoulaye et al., 2018 ; Abdourahamane et al., 2020). L’objectif de cette étude est d’évaluer l’efficacité des formulations de biopesticide à base des feuilles fraiches du neem pour le contrôle du puceron du niébé.
MATERIALS ET METHODES
Matériel : L’expérimentation a été réalisée au Centre Régional de Recherche Agronomique (CERRA) de Maradi. Le matériel végétal utilisé est composé d’une seule variété du niébé : TN5-78 appelé ‘’dan louma’’, ‘’jan waké’’ ou ‘’jan néra’’. C’est une variété à cycle intermédiaire, semi-rampant à floraison étalée avec un cycle de 70 à 75 jours. Les graines sont de couleurs brunes. Elle est sensible au chancre bactérien, à la fonte des semis, à la pourriture des gousses, à la septoriose, au Striga, aux pucerons, aux thrips, aux punaises et est tolérante à la sécheresse. C’est une variété à double usage (MA, 2012).
Biopesticide : L’efficacité d’extrait du neem (Azadirachta indica) a été testée dans cette étude. Les critères de ce choix reposent sur la disponibilité du neem dans la zone d’étude, son usage en pharmacopée traditionnelle locale et les résultats de recherche sur son activité biologique sur d’autres contextes (figure 1). Des formulations d’extrait des feuilles fraiches sont utilisées au cours de cette étude.
Dispositif : Le dispositif expérimental est un bloc de Fischer à trois répétitions. Chaque bloc est constitué de cinq (05) parcelles élémentaires correspondant à cinq (05) traitements dont un (01) témoin absolu (Non traité) T1 et un témoin positif T2 (pesticide chimique). Les parcelles élémentaires mesurent chacune 4,8 m² à raison de 2,4 m de longueur et 2 m de largeur. Elles sont constituées de 4 lignes de 5 poquets soit 20 poquets par parcelle élémentaire. Les lignes et les poquets sont espacés de 0,8 m 0,5 m respectivement. La distance entre les blocs est de 1,6 m. Le semis du niébé a été réalisé le 05 juillet 2024 après une pluie utile. Deux à trois graines ont été semées par poquet et le démariage a été réalisé après la levée à deux (02) plants par poquet. Un sarclage a été réalisé le 01 août 2024, soit 27 jours après le semis (JAS).
Préparation de la solution du biopesticide à base des feuilles fraiches du neem (Azadirachta indica) : Un (01) Kg des feuilles fraiches du neem sont récoltées, pilées dans un mortier, et emballées dans un tissu propre puis trempées dans quatre (04) litres d’eau du robinet pendant 24 heures. Après macération, le tissu a été pressé plusieurs fois pour extraire le jus et le filtrat est mélangé avec un demi-litre (1/2) d’eau à laquelle deux (02) pincées de trois (03) doigts de poudre de savon blanc ont été ajoutées. Le mélange jus de feuilles du neem et eau savonneuse donne la solution mère (Figure 2).
A partir de la solution mère, trois (03) solutions ont été formulées par :
- solution T3 = 17% de la solution mère: 170 ml de la solution mère ont été prélevés et dilués dans 830 ml d’eau du robinet pour obtenir 1 litre solution.
- solution T4 = 29% de la solution mère: 290 ml de la solution mère a été prélevée et diluée dans 710 ml d’eau du robinet pour obtenir 1 litre de solution.
- solution T5 = solution mère à 100%.
L’efficacité de ces trois (3) traitements a été comparée à celles de deux (02) témoins (T1 = eau du robinet et T2 = insecticide chimique à la dose de 4 ml du produit chimique (Magico force) dilués dans 1 litre d’eau pour traiter une parcelle élémentaire de 4,8 m²).
Application des biopesticides et de produit chimique : La première application des biopesticides et de produit chimique a été effectuée le 33éme jour après le semis (JAS). Au total six (06) applications sont effectuées au cours de cette étude. Le matin avant chaque application, le niveau d’infestation des parcelles a été évalué en dénombrant le nombre des poquets attaqués par le puceron (Aphis craccivora) dans chaque parcelle élémentaire. Les pulvérisations ont été faites tous les sept (7) jours après la première application. Chaque parcelle a été pulvérisée avec une solution de 1 litre à l’aide d’un pulvérisateur ultra bas volume (ULV) à dos d’une capacité de 15 litres. Les pulvérisations ont été effectuées dans la soirée entre 16 h et 17 h.
Collecte des données : Les données sur le niveau d’infestation du puceron (Aphis craccivora) sont collectées. Celles-ci sont relatives à l’incidence du puceron avant la première application et après chaque application. C’est le nombre de poquets attaqués par le puceron avant la première application et le nombre de poquets attaqués après la première application. Le taux d’incidence (%) de pucerons a été calculé par la formule suivante :
Analyse des données : Le logiciel Excel a été utilisé pour la saisie des données avant d’être transférées au logiciel Genstat 14éme édition pour l’analyse de variance au . au seuil de 5% de probabilité. Les données ont été utilisées pour comparer les incidences d’attaque des pucerons.
RESULTATS
Effet des différents traitements sur l’incidence des pucerons : Les résultats d’analyse de variance de l’incidence du puceron avant et après les applications des différents traitements sont présentés par le tableau 1. Avant la 1ère application, 33 jours après semis (JAS), les traitements ne significativement différents au seuil de 5% . Par contre, une différence significative est observée entre les différents traitements après chaque application pour l’incidence des insectes ravageurs.
| Tableau 1 : Analyse de variance de l’incidence du puceron après les applications des formulations | |||||||||||||
| DL | Avant
1ère Application |
1ème Application | 2ème Application | 3ème Application | 4ème Application | 5ème
Application |
|||||||
| Facteurs | F | P (>F) | F | P (>F) | F | P (>F) | F | P (>F) | F | P (>F) | F | P (>F) | |
| Traitement | 4 | 0.20 | 0.934NS | 6.40 | 0.013* | 19.33 | <.001 *** | 24.00 | <.001*** | 25.50 | <.001*** | 44.91 | <.001*** |
| Moyenne | 6,33 | 5,98 | 4,99 | 5,66 | 6,43 | 8,79 | |||||||
| NS : Non significatif ; * : Significatif à 5%, *** : Significatif à 1% | |||||||||||||
La figure 3 présente l’évolution de l’incidence des pucerons selon les dates d’application des différents traitements. L’incidence varie de 6,66% pour les traitements T2 (produit chimique) et T4 (extrait des feuilles à la dose de 29%) à 8,33% pour les autres traitements.
A la 1ème application, 40 JAS, l’incidence qui était de 1,66% pour les traitements T2 (produit chimique) et 5% pour T4 (extrait à 29%) et T5 (Extrait à 100%) a atteint 11,6% pour le traitement témoin négatif T1 (non traité). La 2ème application a été effectuée 47 JAS. Les plus faibles incidences ont été notées aux niveaux des traitements T2 (produit chimique) et T5 (extrait à 100%) avec respectivement 0% et 3,33% en moyenne. A la 3ème application, 54 JAS, les traitements T1 et T3 (extrait à 17%) ont enregistré les plus fortes incidences qui sont respectivement 13% % et 7%. En revanche, les traitements T2 et T5 ont permis d’obtenir les plus faibles incidences qui sont respectivement de 0% et 1,66% en moyenne. La 4ème application a été effectuée 61 JAS. Parmi les traitements à base d’extrait du neem, la formulation à 100% (T5) a enregistré la plus faible incidence qui est de 1,86% suivie de T4 (extrait à 29%) avec une incidence de 6,66% en moyenne. A la 5ème application, 68 JAS, l’incidence varie de 0,66% pour les traitements T2 (produit chimique) à 16,6% avec le traitement T1.
Effets des traitements sur la production du niébé : Les rendements en gousses et en graines du niébé ont été significativement différents pour les divers traitements (P = 0,001), (Tableau 2).
| Tableau 2 : Analyse de variance des effets traitements sur la production du niébé | |||||
| DL | Rendement Gousses | Rendement Graines | |||
| Facteurs | F | P (>F) | F | P (>F) | |
| Traitement | 4 | 19,45 | 0,001*** | 23,20 | 0,001*** |
| Moyenne | 1008 | 819,6 | |||
La figure 4 illustre les rendements en gousses et en graines issus des différents traitements. Le rendement en gousse est plus élevé sur les parcelles traitées avec le pesticide chimique (T2) et est de 1560 Kg/ha. Il est suivi de celui des parcelles traitées avec la formulation du biopesticide T5 (extrait des feuilles à 100%) qui est de 1154 Kg/ha. Ensuite, les rendements des parcelles traitées avec la formulation T4 (extrait des feuilles à 29%), T3 (extrait des feuilles à 17%) et T1 (témoin non traité) qui sont 800 Kg/ha, 768 Kg/ha et 754 Kg/ha respectivement. Le plus faible rendement gousses est donc obtenu sur les parcelles non traitées.
Les parcelles traitées avec le pesticide chimique (T2) ont enregistré le rendement graines le plus élevé qui est 1310Kg/ha. Il est suivi de ceux des parcelles traitées par les extraits de feuilles à 100% (T5) et à 29% (T4) qui sont 983 Kg/ha et 620 Kg/ha respectivement. Le plus faible rendement graines est obtenu sur les parcelles témoins non traitées (T1) qui est de 587 Kg/ha.
Effets des traitements sur le poids des 100 graines du niébé : La figure 5 présente l’effet des traitements sur le poids de 100 graines dans les différentes parcelles. Les parcelles témoins (T1) ont donné une faible moyenne du poids de 100 graines qui est de 14,69 g par rapport aux autres traitements. Le traitement T2 (pesticide chimique) a la plus grande moyenne du poids de 100 graines (16,2 g) suivi d’extrait du neem à 100% (T5) avec une moyenne de 15,24 g.
DISCUSSION
Les résultats obtenus dans cette étude montrent que les pucerons est présent sur le niébé tout au long de son cycle de culture (figure3). En début de l’infestation, ils s’alimentent d’abord sur les bourgeons, les jeunes tiges et feuilles. Abdoulaye et al., (2019) rapportent que les pucerons est observé sur le niébé à tous les stades de son cycle de culture . L’espèce est très féconde, les larves et les adultes sucent la sève des plants du niébé provoquant un rabougrissement des plants (Choudhary et al., 2017). Les courbes de la figure 3 montrent qu’avant la 1ére application, toutes les parcelles sont infestées. A toutes les phases du développement de la plante, l’application du pesticide chimique et des formulations du biopesticide à base des feuilles fraiches du neem a permis une réduction significative de l’incidence du puceron. A titre illustratif, l’incidence du puceron est passée de 6,66% avant la 1ère application à 1,66% 0%, 0,33% et 0,66% respectivement à la 1ère, 2ème, 3ème, 4ème et 5ème application pour le pesticide chimique. De même, l’incidence du puceron est passée de 8,33% avant la 1ère application, à 5%, 3,33%, 1,66% et 1,86% respectivement à la 1ère, 2ème, 3ème et 4ème application pour la formulation 100% d’extrait du neem. Les autres formulations des extraits des feuilles (29% et 17%) ont aussi réduit significativement l’incidence du puceron par rapport au témoin non traité. Ces résultats se rapprochent de ceux de Tounou et al. (2018) qui rapportent que les extraits du Neem ont permis de réduire la densité des altises sur les plants de gombo. Ces résultats sont similaires ceux de Halilou et al. (2025) qui ont montré que les extraits d’amande du Neem et du piment ont réduit l’incidence des ravageurs du niébé. Les extraits de feuilles de Neem ont permis de réduire l’infestation des des pucerons.. Parmi les formulations des extraits, la dose de 100% a plus d’effet sur le puceron que les autres doses. Mondedji et al. (2014) ont révélé que l’extrait hydroéthanolique des feuilles de Neem (NetOH III) a été le meilleur produit des traitements biologiques. Les études de Diouf et al. (2022) sur les effets des pratiques biopesticides sur l’entomofaune et la production de tomate ont montré que les extraits des feuilles du Neem et du piment sont efficaces sur les populations des mouches blanches et des pucerons par rapport aux plants témoins. Les résultats de Gnago et al., 2010 ont montré que les extraits de feuilles du neem étaient efficaces dans le contrôle des pucerons, les altises, les jassides du gombo et les pucerons du chou en Côte d’Ivoire. Aussi, Christiane (2006) a montré que la solution à base du neem est efficace contre de nombreux insectes dont entre autres les sauterelles, les pucerons des haricots, les mouches blanches, les scarabées des pommes de terre, les chenilles mineuses de l’épi de maïs. En réduisant l’infestation du puceron, les extraits des feuilles du Neem, ont permis d’augmenter les rendements du niébé. Ainsi, le rendement qui était de 587 Kg/ha pour le témoin, a atteint 800 Kg/ha et 983 Kg/ha respectivement pour les extraits à 29% et à 100% (Figure 4). Des recherches ont montré que l’utilisation des biopesticides peut rehausser le rendement des cultures. Lokbani (2018) a révélé que l’extrait aqueux de Cistis et de Inula, simple ou en combinaison, donnent des résultats concluant contre le puceron noir de la fève. Les études de Halilou et al. (2025) ont montré une augmentation significative de rendement des parcelles traitées par les biopesticides. Mondedji et al. (2014) rapportent que la gestion intégrée et l’extrait aqueux des feuilles de Neem sont efficaces contre les insectes ravageurs (P. xylostella, H. undalis et L. erysimi) et tout en améliorant le rendement de la culture du Chou.
CONCLUSION ET APPLICATION DES RESULTATS
Cette étude a permis de montrer l’efficacité des trois formulations du biopesticide à base d’extrait des feuilles fraiches du neem sur le puceron du niébé. Cette efficacité reste variable selon les doses. L’extrait des feuilles à la dose de 100% a été est plus efficace que les autres formulations de ce biopesticide. Par ailleurs, les extraits des feuilles à la dose de 29% et 17% ont permis de réduire significativement l’infestation du puceron par rapport au témoin. Toutefois, les effets de ces différentes formulations du biopesticide, sont inférieurs à celui du pesticide chimique. Ces biopesticides pourraient être utilisés en protection du niébé contre le puceron et d’autres insectes ravageurs.
REMERCIEMENT
Les auteurs adressent leurs sincères remerciements aux techniciens du laboratoire de phytopathologie du CERRA Maradi pour leur collaboration et par la voie de KARIMOU Issa, les personnels du CERRA de Maradi. Ils remercient également à travers le CERRA de Maradi, l’Institut National de Recherche Agronomique du Niger (INRAN) pour avoir mis à leur disposition les ressources matérielles nécessaires à la mise en œuvre de cette étude.
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