Profil morpho-biométrique du poulet local (Gallus gallus domesticus) dans trois provinces de la région du Djôrô (Burkina Faso), frontalière de la Côte d’Ivoire et du Ghana.
André ZONGO1, René Tikwindé ZONGO2, Modou SERE3, Bassaliffou SANOU1, Martin Bienvenu SOMDA1
1Université Nazi BONI (UNB), BP 1091, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso
2 Centre de Promotion de l’Aviculture et de Multiplication des Animaux Performants (CPAMAP), BP : 632, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso
3 Université Daniel Ouezzin Coulibally (UDOC), BP 176, Dédougou, Burkina Faso
Auteur Correspondant : André ZONGO ; E-mail : andrezongobf@yahoo.fr ; ORCID : https://orcid.org/0009-0003-8253-4953
Mots-clés : Caractères morpho-biométriques ; Poulet ; Sous-populations ; Région du Djôrô ; Burkina Faso
Keywords: Chicken; Djôrô region; Morphobiometric traits; Subpopulations; Burkina Faso.
Submitted 03/03/2026, Published online on 30th May 2026 in the Journal of Animal and Plant Sciences (J. Anim. Plant Sci.) ISSN 2071 – 7024
1 RESUME
La présente étude avait pour objectif d’identifier les caractéristiques morpho-biométriques du poulet de race locale au Burkina Faso dans trois provinces (Ioba, Noumbiel et Poni) de la région du Djôrô, frontalière de la Côte-d’Ivoire et du Ghana. Une collecte de données a été menée auprès des aviculteurs. Les paramètres étudiés étaient essentiellement qualitatifs (couleur du plumage, type de crête) et quantitatifs (longueurs du bec et des tarses, poids des sujets). Un échantillon de 120 mâles et 480 femelles provenant de 48 villages des trois provinces a été analysé. Les travaux ont révélé qu’il existe une variabilité phénotypique au sein de la population de poulets de la zone d’étude. L’étude a révélé un poids vif moyen chez les mâles de 1,72 ± 0,28 kg et de 1,16 ± 0,24 kg chez les femelles. L’analyse statistique a effectivement révélé une différence significative du poids entre les sexes et entre les provinces (p < 0,05). Huit (08) variétés de plumage du corps ont été observées. Les paramètres morpho-biométriques varient de manière significative d’une province à une autre en fonction de sexe (p < 0,05). Les tarses blancs ont été les plus fréquentes aussi bien chez les mâles (46,67 %) que chez les femelles (45 %). La zone est dominée par des poulets à bec blanc chez les mâles (56,37%) comme chez les femelles (53,33 %). Les résultats ont également révélé trois sous-populations chez les mâles et quatre chez les femelles dans la zone d’étude. Ces résultats obtenus pourraient servir de base à une autre étude visant à caractériser les différents écotypes de poulets locaux dans la région sur le plan moléculaire.
Morpho-biometric profile of the local chicken (Gallus gallus domesticus) in three provinces of the Djôrô region in Burkina Faso, bordering Côte d’Ivoire and Ghana.
ABSTRACT
The aim of this study was to identify the morpho-biometric characteristics of local breed chickens in Burkina Faso, specifically in three provinces (Ioba, Noumbiel, and Poni) in the Djôrô region, bordering Côte d’Ivoire and Ghana. Data was collected from poultry farmers in the area. The parameters studied were primarily qualitative (plumage color, comb type) and quantitative (beak length, shank length, and weight). A sample of 120 males and 480 females from 48 villages across the three provinces was analyzed. The study revealed phenotypic variability among chickens in the study area. The average live weight of males in the area was 1.72 ± 0.28 kg. In females, the average weight in the area was 1.16 ± 0.24 kg. Statistical analysis revealed a significant difference in weight between sexes and between provinces (p < 0.05). Eight (8) body plumage varieties were observed. Morphobiometric parameters varied significantly from one province to another according to sex (p < 0.05). White shanks were the most frequent coloration in both males (46.67%) and females (45%). The area was dominated by white-beaked chickens in both males (56.37%) and females (53.33%). The results also revealed three subpopulations for males and four subpopulations for females in the study area. These results could serve as a basis for further study through the molecular characterization of the different local chicken ecotypes in the region.
2 INTRODUCTION
Le Burkina Faso est un pays situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest, qui compte plus de 20 millions d’habitants (INSD, 2022). Son économie repose principalement sur le secteur primaire. Le sous-secteur de l’élevage, très dynamique, est pratiqué par près de 86 % de la population active (FAO, 2018). Pratiqué sur l’ensemble du territoire, il est dominé en grande partie par l’élevage de volailles, dont les effectifs sont estimés à plus de 41,67 millions de têtes (ENEC, 2019). L’aviculture occupe donc une place prépondérante dans les stratégies de développement et de réduction de la pauvreté (Aguidissou et al., 2019). Elle constitue une source majeure de revenus et de protéines animales, favorisant ainsi le bien-être des populations (Guèye, 2010 ; Emuron et al., 2010). Parmi les espèces de volaille élevées au Burkina Faso, le poulet local (Gallus gallus domesticus) occupe davantage une place de choix (Tougan et al., 2013a). Cet élevage se caractérise par de petites exploitations familiales ou traditionnelles, pratiquées dans des conditions précaires. Il constitue néanmoins une source de revenus et permet aux familles de subvenir à leurs besoins (Fasina et al., 2007). Par ailleurs, l’importance de la poule locale réside dans sa grande diversité génétique, qui en fait une ressource génétique animale (RGA) (Zaré et al., 2017). Cependant, ce fort potentiel, est perpétuellement menacé par le métissage. En effet, les poulets locaux élevés dans la région du Djôrô, au Burkina Faso, à la frontière de la Côte d’Ivoire et du Ghana, sont exposés à des risques de croisement et de métissage avec les poulets de ces pays voisins (Zaré et al., 2021). Le degré de dégradation des caractères génétiques du poulet de race locale dans cette région du pays, est méconnu des acteurs concernés. Des études ont certes été menées dans le pays, mais la spécificité des zones frontalières reste à élucider. C’est dans cette optique que s’inscrit cette étude, dont l’objectif principal est de contribuer à l’identification des potentialités génétiques des poules de race locale afin d’améliorer la conduite de cet élevage. De façon plus spécifique, elle vise à déterminer la diversité phénotypique des populations de poulets dans la région, et à évaluer l’impact des frontières voisines sur la biodiversité avicole.
3 MATERIEL ET METHODES
3.1 Présentation de la zone d’étude : La présente étude a été réalisée d’avril à juin 2024 au Burkina Faso, dans trois (03) provinces de la région du Djôrô, à la frontière de la Côte-d’Ivoire au Sud et du Ghana à l’Est (figure 1). Cette région s’étend sur une superficie de 16 533 km2. La région compte quatre (4) communes urbaines, 24 communes rurales et 1 065 villages. Elle appartient à la zone climatique soudanienne et se caractérise par un relief accidenté et une température moyenne annuelle de 27°C (INSD, 2022).
Figure 1 : Carte de la zone d’étude
3.2 Collecte de données : L’étude a été menée auprès de 120 aviculteurs sélectionnés au hasard dans les provinces figurant sur la liste des aviculteurs obtenue auprès de la Direction Régionale de l’Agriculture, des Ressources Animales et Halieutiques de la région du Djôrô. Dans chaque commune, dix (10) éleveurs ont été choisis. Le choix définitif de l’aviculteur à enquêter a été effectué sur la base du nombre de têtes de poulets. L’éleveur devait ainsi posséder au moins 30 têtes de volailles âgées d’au moins 5 mois. Chez chacun d’entre eux, cinq poulets les moins apparentés possibles (quatre femelles et un mâle) ont été prélevés au hasard dans l’effectif (Mahammi et al., 2014). Au total, 600 poulets (120 mâles et 480 femelles), âgés de 5 à 6 mois, ont été répartis au hasard dans l’effectif des 12 communes des 3 provinces (Ioba, Noumbiel et Poni) de la région, et ont fait l’objet de cette étude. Par la suite, les caractères qualitatifs, notamment le sexe de l’animal, les caractéristiques du plumage (morphologie, distribution, type et couleur), de la crête (type et couleur), ainsi que la couleur des tarses et du bec, ont été décrits sur la base d’observations visuelles. Les données quantitatives concernaient le poids de l’animal, la longueur du corps, le périmètre thoracique, la longueur des ailes, l’envergure des ailes, la longueur du tarse, le diamètre du pilon, la hauteur du pilon, la longueur de la crête, la longueur du barbillon, la longueur du bec, ainsi que la longueur du tarse, des doigts et de l’ergot ont été collectées (Pindé et al., 2020).
3.3 Analyse des données : Les données statistiques quantitatives et qualitatives ont d’abord été saisies dans un tableur Excel 2016. Les analyses descriptives (moyennes ± écart-types, proportions) ont quant à elles été réalisées à l’aide du logiciel R version 4.5.2 (R Core Team, 2025). La comparaison des moyennes a été effectuée à l’aide du test de Kruskal-Wallis pour les variables quantitatives et du test de Chi-2 pour les variables qualitatives. De plus, le test pairwise Wilcoxon a été utilisé pour des comparaisons multiples de moyennes. Deux Analyses en Composantes Principales (ACP) ont également été effectuées pour analyser les regroupements ou sous-populations d’individus et les corrélations possibles entre les caractères quantitatifs. Le seuil de significativité de 5 % a été utilisé pour toutes les analyses statistiques.
4.1 Analyse de paramètres morpho-biométriques quantitatifs chez le mâle : L’étude montre que le poids vif moyen (1,88 ± 0,47 kg) des mâles dans la province du Noumbiel est plus élevé que ceux dans les provinces du Ioba (1,61 ± 0,36 kg) et du Poni (1,66 ± 0,33 kg) (p = 0,007 ; tableau 1). Pour l’ensemble de la zone d’étude, le poids moyen des mâles est de 1,72 ± 0,28 kg. La longueur des tarses dans les provinces du Noumbiel (9,58 ± 1,12 cm) et du Ioba (10,08 ± 1,23 cm) diffère très significativement de celle des tarses des mâles rencontrés dans le Poni (8,86 ± 0,76 cm) (p < 0,001). Concernant le diamètre du pilon, les mâles du Noumbiel (6,35 ± 0,92 cm) et du Ioba (6,05 ± 0,71 cm) présentent des diamètres plus importants que ceux des mâles de la province du Poni (5,63 ± 1,02 cm) avec p = 0,001. Les mâles de la province du Noumbiel ont un périmètre thoracique plus important (33,04 ± 3,00 cm) que ceux des provinces du Ioba (31,67 ± 2,70 cm) et du Poni (31,44 ± 3,40 cm) (p = 0,03). Les mâles du Noumbiel ont un corps plus long (67,20 ± 5,36 cm) que ceux du Ioba (66,13 ± 5,33 cm) et du Poni (63,58 ± 5,98 cm) (p = 0,009). D’une manière générale, les mâles du Noumbiel ont un bec plus long (3,62 ± 0,48 cm) que ceux des deux autres provinces (p = 0,001). Les autres paramètres (longueur des ailes, hauteur des crêtes, longueur des crêtes, longueur des barbillons, longueur de l’ergot, nombre de crétillons et envergure des ailes) sont similaires dans les trois provinces (p > 0,05).
Tableau 1 : Paramètres morpho-biométriques quantitatifs des mâles en fonction des provinces
| Paramètres | Provinces (n = 120) | p | ||
| Ioba (n = 40) | Noumbiel (n = 40) | Poni (n = 40) | ||
| L. tarse (cm) | 10,08 ± 1,23 a | 9,58± 1,12 a | 8,86 ± 0,76 b | < 0,001 |
| D. pilon (cm) | 6,05 ± 0,71 ab | 6,35 ± 0,92 a | 5,63 ± 1,02 b | 0,001 |
| P. thoracique (cm) | 31,67 ± 2,70 ab | 33,04 ± 3,00 a | 31,44 ± 3,40 b | 0,030 |
| L. corps (cm) | 66,13 ± 5,33 ab | 67,20 ± 5,36 a | 63,58 ± 5,98 b | 0,010 |
| L. bec (cm) | 3,57± 0,36 a | 3,62 ± 0,48 a | 3,29 ± 0,40 b | 0,001 |
| Poids (kg) | 1,61 ± 0,36 a | 1,88 ± 0,47 b | 1,66 ± 0,33 a | 0,007 |
| L. ailes (cm) | 33,53 ± 3,36 | 32,70± 5,92 | 31,50 ± 5,67 | 0,280 |
| H. crête (cm) | 4,61± 1,36 | 4,61± 1,35 | 4,30 ± 1,34 | 0,480 |
| L. crête (cm) | 8,55 ± 1,44 | 8,66± 1,86 | 7,93 ± 2,22 | 0,170 |
| L. barbillon (cm) | 4,58 ± 1,11 | 4,44± 1,50 | 4,11 ± 1,19 | 0,300 |
| L. ergot (cm) | 1,86± 0,97 | 1,93± 1,24 | 1,95 ± 1,32 | 0,950 |
| N. crétillon | 6,43 ± 2,90 | 7,16 ± 2,93 | 6,75 ± 3,71 | 0,600 |
| Env. ailes | 75,50± 4,88 | 75,84 ± 6,48 | 73,38± 4,35 | 0,080 |
Légende : Les données dans les tableaux sont présentées en moyennes ± écarts-types. Les valeurs d’une même ligne affectées d’une même lettre ne sont pas statistiquement différentes au seuil de 5%. n : taille de l’échantillon ; D. : Diamètre ; L. : Longueur ; H. : Hauteur ; N. : Nombre ; P. : Périmètre ; Env. Envergure.
L’Analyse en Composantes Principales (ACP) de la figure 2 révèle l’existence de corrélations entre certains paramètres morpho-biométriques, indiquant un plan factoriel de l’information à 52,01 %. Le poids vif, le diamètre du pilon et le périmètre thoracique sont très fortement liés et positivement corrélés. Il en va de même pour les mesures de la crête (hauteur et longueur). De plus, les longueurs du corps, du bec et des tarses sont positivement liées, et ne sont pas corrélées aux mesures de la crête. Le nombre de crétillons est presque indépendant du poids vif. En résumé, la figure montre que la morphologie des mâles est principalement régie par leur gabarit général (F1). Cependant, il existe une distinction secondaire (F2) entre le développement des caractères de la tête (crête) et la longueur des membres. Sur la figure 2, on peut également distinguer trois grandes tendances ou sous-populations parmi les individus mâles :
le groupe « Supérieur » (quadrant en jaune) qui présente des valeurs élevées pour les caractères de la crête et du barbillon. Ce groupe représente 21,98 % des individus ;
le groupe « Développé » (quadrant en vert), dont les individus sont caractérisés par des membres longs (tarses, doigts) et une plus grande longueur corporelle, et qui représente 27,02 % des individus ;
le groupe « Réduit » (quadrant en noir), dont les individus présentent des valeurs moyennes inférieures pour la quasi-totalité des mesures morphologiques (individus plus petits ou plus jeunes). Ce groupe concentre 51 % des individus.
Légende : Obs : Observation ou individu. Les ellipses ajoutées au graphique représentent les sous-groupes ou sous-populations d’individus.
Figure 2 : Structure de la population des mâles par Analyse en composantes principales
4.2 Analyse des paramètres morpho-biométriques quantitatifs chez la femelle : La province du Ioba affiche un poids vif moyen de 1,13 ± 0,22 kg, celle du Noumbiel de 1,19 ± 0,27 kg et celle du Poni de 1,15 ± 0,24 kg (p = 0,06). Le poids moyen général des femelles est de 1,16 ± 0,24 kg. Neuf autres paramètres morpho-biométriques ont été étudiés chez les femelles. Les résultats des analyses, présentés dans le tableau 2, révèlent des différences très hautement significatives entre les provinces concernant les caractères suivants : la longueur des tarses, la longueur du corps, la longueur du bec, le nombre d’œufs par couvaison, le taux d’éclosion et l’envergure des ailes (p < 0,001). De manière générale, les poules de la province du Noumbiel ont des tarses plus longs (7,62 ± 0,74 cm) que dans les deux autres provinces. La longueur du corps est plus marquée dans les provinces du Noumbiel (56,24 ± 3,64 cm) et du Ioba (56,77 ± 3,49 cm) que dans celle du Poni (53,85 ± 3,67 cm). Les femelles présentent également un bec plus long dans les provinces du Noumbiel (3,21 ± 0,36 cm) et du Ioba (3,14 ± 0,37 cm). Par contre, les femelles de la province du Poni pondent davantage d’œufs par couvaison (12,13 ± 2,32). Toutefois, le meilleur taux d’éclosion a été obtenu chez les poules de la province du Ioba (0,85 ± 0,11).
Tableau 2 : Paramètres morpho-biométriques des femelles en fonction des provinces
| Paramètres | Provinces (n=480) | |||
| Ioba (n = 160) | Noumbiel (n = 160) | Poni (n = 160) | p | |
| L. tarse (cm) | 7,96 ± 0,68 a | 7,62 ± 0,74 b | 7,04 ± 0,56 c | < 0,001 |
| L. corps (cm) | 56,77 ± 3,49 a | 56,24 ± 3,64 a | 53,85 ± 3,67 b | < 0,001 |
| L. bec (cm) | 3,14 ± 0,37 a | 3,21 ± 0,36 a | 3,02± 0,40 b | < 0,001 |
| N. œuf couvé | 11,07 ± 2,45 a | 11,25 ± 2,28 a | 12,13 ± 2,32 b | < 0,001 |
| Env. ailes | 66,65± 3,76 a | 66,40 ± 4,60 a | 62,72± 4,49 b | < 0,001 |
| P. thoracique (cm) | 27,85± 2,12 a | 28,56 ± 2,18 b | 28,06 ± 3,02ab | 0,03 |
| T. éclosion (%) | 0,80± 0,16 | 0,85± 0,11 | 0,81± 0,12 | 0,05 |
| Poids (kg) | 1,13± 0,22 | 1,19± 0,27 | 1,15± 0,24 | 0,06 |
| D. pilon (cm) | 4,85± 0,56 | 4,98± 0,63 | 4,91± 0,58 | 0,13 |
| L. ailes(cm) | 29,98± 2,61 | 30,75 ± 21,63 a | 28,30± 2,79 | 0,26 |
Légende : Les données dans les tableaux sont présentées en moyennes ± écarts-types. Les valeurs d’une même ligne affectées d’une même lettre ne sont pas statistiquement différentes au seuil de 5%. n : taille de l’échantillon ; D. : Diamètre ; L. : Longueur ; H. : Hauteur ; N. : Nombre ; P. : Périmètre ; Env. : Envergure ; T. : Taux
Dans la figure 3, le taux d’inertie représente 32,37 %, et montre que les paramètres peuvent être regroupés en trois « faisceaux » principaux :
le pôle morphologie de la tête que sont les variables comme le nombre de crétillons, la hauteur de la crête et la longueur de la crête qui sont fortement corrélées entre elles. Elles caractérisent les individus avec des attributs céphaliques développés ;
le pôle format et masse : il s’agit des variables comme le poids vif, diamètre du pilon, l’envergure des ailes. Elles sont très liées à l’axe F1, représentant la “puissance” globale de l’animal ;
pôle longueurs corporelles : il s’agit de la longueur des tarses, la longueur du bec, la longueur du corps et la longueur des doigts qui sont corrélées fortement.
La figure montre également quatre groupes d’individus que sont :
les individus à fort potentiel de reproduction (quadrant en jaune) représentant 24 % des individus ; ces individus sont situés à droite sur l’axe F1 et vers le haut sur l’axe F2. Ils combinent une grande taille corporelle (périmètre thoracique) à des scores élevés en matière de reproduction (nombre d’œufs, taille de la crête). Certains ont un profil spécifique qui excelle particulièrement dans la hauteur de la crête et le taux d’éclosion, même s’ils ne sont pas forcément les plus lourds du groupe (Obs 141) ;
les individus à forte charpente osseuse (quadrant en vert) représentant 23 % des individus : ils sont situés en bas à droite de F1. Ce sont les individus les plus massifs en termes de longueur du corps, de tarses et d’envergure. En revanche, ils ont des valeurs plus faibles pour les attributs de la crête ou la production d’œufs par rapport au groupe précédent (Obs 271, Obs 455 et Obs 468) ;
les individus atypiques (quadrant en noir) qui totalisent 28 % des individus : ils sont à l’opposé des variables de taille. Ce sont des individus plus petits que la moyenne (Obs 135 et Obs 13). Cependant, l’observation ou l’individu 135 se distingue par une longueur d’ergot plus élevée ;
les individus « faibles » ou sous-développés (quadrant en rouge) représentant 25 % des individus: Ils se situent en bas à gauche et sont à l’opposé de presque tous les vecteurs de performance. Ce sont les individus les plus chétifs de l’échantillon (petits tarses, faible poids, peu de caractères sexuels secondaires). Les individus (Obs 413 et Obs 326) sont les plus extrêmes de ce groupe. En résumé, la figure montre que la croissance physique (taille des tarses et des ailes) n’est pas forcément synonyme d’une augmentation de la taille de la crête ou du nombre d’œufs, car ces variables forment un angle marqué. Pour sélectionner les meilleurs individus, il faudrait chercher ceux situés dans le quadrant jaune, qui semblent équilibrer une bonne taille (F1+) et une bonne capacité de reproduction (F2+).
Légende : Obs : Observation ou individu. Les ellipses ajoutées au graphique représentent les sous-groupes ou sous-populations d’individus.
Figure 3: Structure de la population des femelles par Analyse en composantes principales
4.3 Analyse des caractéristiques morpho-biométriques qualitatives des mâles et des femelles
4.3.1 Coloration du plumage des mâles : Le tableau 3 présente les différentes colorations du plumage des poulets dans la zone d’étude. Au total, huit types de plumage ont été observés dans cette zone. Toutes ces colorations sont présentes dans la province du Poni, alors que dans les deux autres provinces, on n’en observe que six. La coloration rouge est dominante (25,72 %), suivie de la coloration blanche (22,67 %) et de la coloration mille fleur avec 15,78 % dans toutes les trois provinces (Figure 4). La comparaison entre les provinces montre une dominance du plumage rouge dans le Poni (32,5 %) et dans le Noumbiel (28 %). La province du Ioba se caractérise par le plumage herminé (23,33 %) et mile fleur (23,33 %). Cependant, l’analyse des données par le test du Khi-2 n’a révélé aucune différence significative entre les provinces quant à la répartition des couleurs de plumage chez les mâles (p = 0,73).
Tableau 3 : Fréquences des couleurs de plumage des mâles selon les provinces
| Provinces | Couleurs de plumage (%) | |||||||
| MF | B | R | GC | H | Cal | PD | N | |
| Poni (n= 40) | 10 | 20 | 32,5 | 12,5 | 12,5 | 2,5 | 5 | 5 |
| Noumbiel (n= 40) | 14 | 18 | 28 | 24 | 10 | 0 | 0 | 6 |
| Ioba (n= 40) | 23,33 | 30 | 16,68 | 3,33 | 23,33 | 0 | 0 | 3,33 |
| Total (n = 120) | 15,78 | 22,67 | 25,72 | 13,28 | 15,28 | 0,82 | 1,67 | 4,78 |
Légende : n : taille de l’échantillon ; MF : Mille Fleur ; B : Blanc ; R : Rouge ; GC : Gris Caïman ; H : herminé ; Cal : Caillouteux ; PD : Perdrix Doré ; N : Noir.
| A |
| B |
| C |
Légende : A- Plumage Rouge B-Plumage Blanc C-Plumage mille fleur
Figure 4 : Quelques plumages dominant chez les mâles dans la région
4.3.2 Coloration du plumage des femelles : L’analyse des données du tableau 4 révèle l’existence de huit couleurs de plumage différentes sur l’ensemble de la zone d’étude. Ces données révèlent une grande diversité de coloration phénotypique dans la région. Une analyse globale montre que la coloration perdrix est la plus fréquente (24,68 %), suivie de la coloration coucou (22,25 %) et de la coloration blanche (19,49 %) dans la zone d’étude (Figure 5). Une analyse par province montre que le plumage perdrix est dominant dans le Poni (23,72 %) et dans le Ioba (29,91%). Le plumage coucou prédomine dans le Noumbiel (22,96 %). Cependant, le test du Khi-2 n’a pas révélé aucune différence significative entre les provinces concernant la distribution des couleurs de plumage chez les femelles (p = 0,19).
Tableau 4 : Fréquences des couleurs de plumage des femelles selon les provinces
| Provinces | Couleurs du plumage (%) | |||||||
| R | MF | Cou | PD | B | G | F | N | |
| Poni (n = 160) | 2,56 | 1,92 | 22,44 | 23,72 | 18,59 | 3,21 | 17,95 | 9,61 |
| Noumbiel (n = 160) | 5,10 | 2,04 | 22,96 | 20,41 | 21,94 | 1,53 | 19,90 | 6,12 |
| Ioba (n = 160) | 0,85 | 6,84 | 21,37 | 29,91 | 17,95 | 2,56 | 12,82 | 7,70 |
| Total (n = 480) | 2,84 | 3,60 | 22,25 | 24,68 | 19,49 | 2,43 | 16,89 | 7,82 |
Légende : n : taille de l’échantillon ; MF : Mille Fleur ; B : Blanc ; R : Rouge ; Cou : Coucou ; PD : Perdrix Doré ; N : Noir ; G : Gris ; F : Fauve
| A |
| B |
| C |
Légende : A- Plumage perdrix B-Plumage coucou C-Plumage blanc
Figure 5 : Quelques plumages dominants chez les femelles dans la région
4.3.3 Phénotypes de structure : Les résultats présentés dans le tableau 5 montrent que les tarses blancs sont dominants chez le mâle dans du Poni (60,00 %). Chez les femelles, la couleur blanche est plus fréquente dans le Ioba (45 %). La couleur grise prédomine dans la province du Noumbiel (42,5 %). Cette dernière tendance de la couleur grise est également observée dans la province du Poni (48,13 %). Le test du Khi-2 n’a révélé aucune différence significative (p < 0,001) entre le sexe et la répartition des couleurs de tarses. La couleur blanche prédomine chez les mâles tandis que le gris est majoritaire chez les femelles. Le test du Khi-2 appliqué à la distribution des couleurs des tarses selon les provinces montre une absence de différence significative (p < 0,001). La distribution des couleurs varie selon la province, le Noumbiel se caractérisant notamment par l’absence des tarses noirs.
Tableau 5 : Fréquences des couleurs de tarses chez les mâles et les femelles selon les provinces
| Provinces | Couleur des tarses
des mâles (%) |
Couleur des tarses
des femelles (%) |
||||||
| B | G | J | N | B | G | J | N | |
| Ioba (M : n = 40 ; F : n = 160) | 46,67 | 26,67 | 26,67 | 0,00 | 45,00 | 40,83 | 7,50 | 6,67 |
| Noumbiel (M : n = 40 ; F : n = 160) | 44,00 | 30,00 | 26,00 | 0,00 | 39,50 | 42,50 | 18,00 | 0,00 |
| Poni (M : n = 40 ; F : n = 160) | 60,00 | 27,50 | 10,00 | 2,50 | 46,88 | 48,13 | 3,75 | 1,25 |
| Total (M : n = 120 ; F : n = 480) | 50,22 | 28,06 | 20,89 | 0,83 | 43,79 | 43,82 | 9,75 | 2,64 |
Légende : M : Mâle ; n : taille de l’échantillon ; F : Femelle ; B : Blanc ; G : Gris ; J : Jaune ; N : Noir
Le tableau 6 présente les différentes couleurs de bec observées chez les mâles et chez les femelles. On y trouve le blanc, le gris, le jaune et le noir. Chez les mâles la couleur blanche est la plus représentée dans l’ensemble des trois provinces (53,89 %), suivie de la couleur jaune (28,67 %). Chez les femelles, la couleur blanche prédomine également dans les trois provinces (52,03 %), suivie de la couleur grise (24,00 %). Le test de Khi-2 a révélé une différence très hautement significative (p = 0,002) entre le sexe et la couleur du bec. La distribution des couleurs du bec diffère donc entre les mâles et les femelles. L’analyse révèle également que l’association entre le sexe et la couleur du bec varie selon la province. Une relation significative est observée uniquement au Ioba (p = 0,001), tandis qu’aucune différence n’est détectée au Noumbiel et au Poni.
Tableau 6 : Fréquences des couleurs de bec chez les mâles et les femelles selon les provinces
| Provinces | Couleur du bec chez
des mâles (%) |
Couleur du bec
des femelles (%) |
||||||
| B | G | J | N | B | G | J | N | |
| Ioba (M : n= 40 ; F : n = 160) | 56,67 | 13,33 | 30,00 | 0,00 | 53,33 | 32,50 | 7,50 | 6,67 |
| Noumbiel (M : n = 40 ; F : n = 160) | 40,00 | 22,00 | 36,00 | 2,00 | 46,50 | 27,00 | 26,00 | 0,50 |
| Poni (M : n = 40 ; F : n = 160) | 65,00 | 5,00 | 20,00 | 10,00 | 56,25 | 12,50 | 13,75 | 17,50 |
| Total (M : n = 120 ; F : n = 480) | 53,89 | 13,44 | 28,67 | 4,00 | 52,03 | 24,00 | 15,75 | 8,22 |
Légende : M : Mâle ; n : taille de l’échantillon ; F : Femelle ; B : Blanc ; G : Gris ; J : Jaune ; N : Noir
Le tableau 7 présente les types de crêtes chez les femelles et chez les mâles. Deux types de crête ressortent principalement : les crêtes en rose et les crêtes simples. Dans toute la zone d’étude, le type de crête simple domine chez les mâles (89,5 %) comme chez les femelles (92,67 %) dans chaque province (Figure 6). Le test de Khi-2 n’a révélé aucune différence significative (p = 0,20) entre le sexe et le type de crête. Le type de crête est donc indépendant du sexe. Concernant la comparaison par province, le test a révélé une liaison significative entre le sexe et le type de crête uniquement dans la province du Poni chez les mâles (p = 0,007). Dans les provinces du Ioba et du Noumbiel, le type de crête est indépendant du sexe.
Tableau 7 : Fréquence des types de crête chez les mâles et les femelles en fonction des provinces
| Provinces | Types de crête des mâles (%) | Types de crête des femelles (%) | ||
| En rose | Simple | En rose | Simple | |
| Ioba (M : n= 40 ; F : n = 160) | 10 | 90 | 12,5 | 87,5 |
| Noumbiel (M : n = 40 ; F : n = 160) | 4 | 96 | 4,5 | 95,5 |
| Poni (M : n = 40 ; F : n = 160) | 17,5 | 82,5 | 5 | 95 |
| Total (M : n = 120 ; F : n = 480) | 10,50 | 89,50 | 7,33 | 92,67 |
Légende : M : Mâle ; n : taille de l’échantillon ; F : Femelle
| A |
| B |
A-Crêtes simple chez les mâles B-Crête simple chez les femelles
Figure 6 : Crêtes simples chez les mâles et chez les femelles dans la région
5 DISCUSSION
Cette étude se base sur l’analyse des caractères morpho-biométriques de poulets locaux dans trois provinces de la région du Djôrô, à la frontière de la Côte-d’Ivoire et du Ghana. Selon Yahaya et al. (2019), cette approche est indiquée pour caractériser les RGA. Il en ressort que les poules et les mâles locaux dans la zone frontalière présentent une grande diversité phénotypique. Une telle diversité avait déjà été signalée dans des populations de poules locales africaines (Fotsa et Poné, 2001 ; Van marle-Kôster et Casey, 2001 ; Bessadok et al., 2003). Cette diversité pourrait être due aux échanges transfrontaliers de volaille entre les éleveurs et commerçants. Cependant, selon Bembide et al. (2013), cette diversité pourrait s’expliquer par des croisements non contrôlés liés au système extensif ou semi-liberté d’élevage. D’autres thèses soutiennent qu’elle serait due à la présence de gènes à effets majeurs et à des interactions entre plusieurs d’entre eux (Périquet, 1997). Cette diversité varie également en fonction de la province. Des observations similaires sur la diversité ont été rapportées par Fotsa (2018) sur une population de volaille locale au Cameroun. Les résultats ont révélé un poids moyen maximal de 1,88 ± 0,47 kg chez les mâles de la province du Noumbiel, contre un poids moyen plus faible dans la province du Poni (1,66 ± 0,33 kg). D’une manière générale, il existe une différence significative en termes de poids entre les mâles du Noumbiel et ceux des deux autres provinces. L’analyse des données a révélé un poids moyen de 1,72 ± 0,28 kg pour les mâles et de 1,16 ± 0,24 pour les poules sur l’ensemble de la zone d’étude. Ces poids observés chez les mâles sont proches de ceux obtenus par Yapi-Gnaoré et al. (2010) dans le Nord de la Côte d’Ivoire (1,88 ± 0,4 kg). Cela pourrait être dû à la qualité de l’aliment utilisé dans la zone, car les éleveurs ont visiblement du mal à se procurer des ingrédients de qualité pour le fabriquer. Concernant les femelles, les résultats obtenus par Yapi-Gnaoré et al. (2010) sont de 1,4 ± 0,4 kg dans le Nord de la Côte d’Ivoire, ce qui est légèrement supérieur à nos résultats. Les poids obtenus dans cette étude sont légèrement supérieurs à ceux de Pindé et al. (2020) qui sont de 1,64 ± 0,2 kg chez les mâles et de 1,15 ± 0,01 kg chez les femelles. Les poids moyens obtenus chez les mâles sont supérieurs à ceux obtenus au Congo par Akouango et al. (2010) (1,46 kg) et en Algérie par Moula (2009) (1,46 ± 0,42 kg). Ces différences observées pourraient être dues au fait que les trois provinces d’étude sont frontalières, ce qui favoriserait les croisements. Selon les éleveurs interrogés dans la zone, il existe des facilités d’échange de volaille grâce à la proximité des marchés et aux liens de parenté de part et d’autre des frontières, car les mêmes caractères observés dans cette étude sont présents chez les espèces du nord Ghana (Brown et al., 2017). Les résultats ont révélé huit types de plumage. Cette diversité a également été observée par Yapi-Gnaoré et al. (2010) dans le nord de la Côte d’Ivoire. La couleur rouge prédomine chez les mâles sur l’ensemble de la zone, avec un taux de 77,17 %. Chez les femelles, c’est le plumage perdrix dorée qui domine avec 74,04 %. Cette prédominance du rouge et de la couleur perdrix dorée contraste avec les résultats obtenus par Pindé et al. (2020) et Da et al. (2025) dans les régions du Guiriko, Bankui, Kuilsé et Liptako, au Burkina Faso, où le plumage blanc est dominant à 27,67 %. Par contre, la coloration perdrix dorée chez les femelles corrobore les résultats de Yapi-Gnaoré et al. (2010) dans le nord de la Côte-d’Ivoire. Les échanges de sujets entre les trois pays, confirmés par les enquêtés, pourraient être à l’origine de cette variabilité phénotypique, car ils faciliteraient les croisements et ainsi les flux de gènes (FAO, 2013). Les longueurs moyennes des tarses sont de 8,86 ± 0,76 cm dans la province du Poni et de 9,58 ± 1,12 cm dans celle du Noumbiel. Ces résultats sont similaires à ceux obtenus par Da et al. (2025) (9,24 ± 0,8) dans le reste du pays. Ils sont également similaires à ceux obtenus par Hassaballa et al. (2015), Guisso (2017) et Pindé et al. (2020), lors de leurs études réalisées respectivement au Burkina Faso, au Niger et au Tchad. Cette diversité morpho-biométrique permet par ailleurs aux aviculteurs, de distinguer les volailles (McManus et al., 2011 ; Oguntunji et al., 2015). Selon Coquerelle (2000), la couleur blanche des tarses largement dominante chez les mâles comme chez les femelles serait sous la dépendance de l’allèle W*N ou W+ (white : type sauvage). Selon toujours Pindé et al. (2020), cette dominance de la couleur blanche, suivie de la couleur grise, pourrait être due à la zone agro-écologique et indiquer une faible introduction de lignées commerciales exotiques dans cette partie du Burkina Faso. Chez les mâles comme chez les femelles, le bec blanc est le plus représenté, avec respectivement 53,89 % et 52,03 % dans toutes les trois provinces. Ces résultats sont en désaccord avec ceux obtenus par Keambou et al. (2007), qui avaient observé une prédominance de colorations de becs marron chez des populations de femelles dans l’ouest du Cameroun. Toko Chabi (2008) a également observé une prédominance de poulets à bec marron dans la commune de Dasso, au Bénin. Ces résultats pourraient s’expliquer par la particularité de la zone d’étude qui est une zone frontalière où les espèces sont soumises à de nombreux croisements génétiques (Youssao et al., 2010). Il en ressort principalement de nos investigations deux types de crêtes que sont les crêtes en rose et les crêtes simples. Dans l’ensemble de la zone d’étude, dans chaque province, les crêtes simples dominent chez les mâles (89,5 %) comme chez les femelles (92,67 %). Ces observations sont en accord avec les résultats obtenus, sur les poulets locaux, dans le nord-est de l’Algérie (Moula et al., 2009) et dans d’autres pays africains (Benabdeljelil et Bordas, 2005 ; Keambou et al., 2007). Ces auteurs ont également rapporté une tendance dominante du type de crête simple, chez les poulets locaux. Les résultats issus de l’ACP montrent trois sous-populations chez les mâles et quatre sous populations chez les femelles dans les trois provinces. Des observations similaires de sous-groupes ont été faites par Mahammi et al. (2015) sur des populations de volaille locales en Algérie, ainsi que par Traoré et al. (2018) sur les pintades locales au Burkina Faso. Selon ces auteurs, les flux migratoires influenceraient la structure de la population de poules locales, ce qui nous conforte dans notre hypothèse selon laquelle les échanges de volaille entre ces trois frontières auraient un impact génétique sur les poulets locaux de la zone.
Cette étude a révélé une grande variabilité des caractères, allant de la couleur du plumage, des tarses et du bec, au poids vif et au type de crête des poulets locaux. Elle a ainsi mis en évidence une grande variabilité génétique dans les trois provinces de la région du Djôrô, située à la frontalière, de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Les comparaisons effectuées avec d’autres études menées au Burkina Faso et ailleurs confirment une certaine particularité génétique due à la situation géographique de la zone. Les poulets locaux de la zone d’étude se répartissent en trois sous-populations chez les mâles et quatre sous populations chez les femelles. Cependant, une étude moléculaire sur des échantillons de sang de ces RGA de la zone d’étude est nécessaire pour mieux caractériser les différents écotypes des sous-populations de volaille mises en évidence.
7 REMERCIEMENTS
Tous les auteurs expriment leur gratitude à tous les éleveurs de volailles pour leur participation à cette étude et à tous les agents de la Direction Régionale de l’agriculture, des Ressources Animales et Halieutiques de la région de Djôrô pour leur soutien lors de la conduite de cette étude.
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